Protohistoire : fouille préventive d’un habitat du premier Âge du Fer à Chaniers

Les membres de la SahCM ont pu découvrir le 19 mai 2022, le chantier archéologique d’une ferme du premier Âge du Fer, fouillée à Chaniers près de Saintes, par les archéologues d’Archéodunum. C’est Florent Ruzzu, spécialiste de la protohistoire, qui est responsable de ce chantier et qui nous a fait la visite commentée.

La ferme du premier Âge du Fer (800-500 avant notre ère) se compose d’une grande habitation circulaire de 140 m², environnée d’une douzaine de greniers carrés. Élément remarquable, ces bâtiments sont installés à l’intérieur d’un vaste enclos de plus de 4000 m², fermé par une palissade. Celle-ci est percée de plusieurs accès soigneusement aménagés.

A cette époque lointaine, l’architecture recourt essentiellement aux matériaux organiques : bois, terre, paille. Ce sont donc essentiellement les traces des fondations et des négatifs de poteaux qu’explorent les archéologues. A Chaniers, ces empreintes se détachent en couleur sombre sur le terrain calcaire.

Les traces d’un vignoble apparaissent également, sous la forme d’un semis régulier de fosses. Si les archéologues n’excluent pas une datation à l’époque romaine, une chronologie plus récente (XVe siècle ?) serait également possible selon eux. Cela renverrait au temps où les marchands hollandais appréciaient le vin charentais, qu’ils nommaient « brandwijn » (brandy), qui donnera plus tard le Cognac au XVIIe siècle après la découverte de la double distillation.

L’archéologue d’Archéodunum  au centre de l’habitat circulaire de 140m² constitué de 3 séries de trous de poteaux concentriques

Florent Ruzzu devant l’une des entrées de l’enceinte de 4000 m², avec la palissade matérialisée par les rubalises

Le mobilier archéologique découvert sur le site et les plans des vestiges

Texte et photos : Romain Charrier

Préhistoire : Découverte d’un site Azilien à Asnières-la-Giraud

Découvert il y a une quarantaine d’années, suite au curage ponctuel d’un petit ruisseau, le Loubat, c’est le fils des découvreurs, qui a repris le tamisage des déblais en 2020. Dans la terre remuée, il a pu récolter de nombreux vestiges lithiques et osseux. Il a contacté Jean-Michel Escloupier, administrateur de notre Société qui, devant l’importance de la découverte, a alerté deux spécialistes de l’époque pressentie, Jacques Blanchet, ancien archéologue départemental et Frédéric Surmely, conservateur à la DRAC Auvergne.

Après un premier examen rapide durant l’été 2020, tous deux ont confirmé une époque de transition : l’Azilien, vers -11000/- 10000 ans avant notre ère ! Au vu de l’intérêt du site, la DRAC a demandé une étude des séries en préalable de sondages. C’est cette étude que partagent aujourd’hui les scientifiques. Une demande de sondage a était faite auprès des services de l’Etat pour 2022.

Le rapport du sondage archéologique est consultable sur  ce lien

Visite du chantier de fouille des « Bouchauds » à Saint-Cybardeaux

Fouilles programmées du sanctuaire des Bouchauds

Le 21 juillet 2022, les membres de la SahCM ont eu droit à une visite du chantier de fouille archéologique du sanctuaire antique des Bouchauds à Saint-Cybardeaux en Charente, avec comme guide l’archéologue Lucie Carpentier d’Arkemine. Cette année, la fouille se concentre sur un ensemble de bâtiments qui pourraient correspondre à un espace de restauration antique. La compagne de fouille s’est déroulée du 4 au 29 juillet 2022.

Merci aux archéologues et à l’association Germanicomagus pour leur accueil chaleureux.

Premiers sondages dans l’amphithéâtre antique de Saintes.

Les sondages  sont réalisés par le Service départemental de la Charente Maritime , sous la direction de l’archéologue Bastien Gissinger , avec le concours de l’Institut national de la recherche archéologique, entre le 14 juin et le début juillet.

Ils mettent en lumière de gros problèmes d’infiltration et de gestion de l’eau dans l’arène ( fond de l’amphithéâtre).

Un drainage antique entourait l’arène , relié à un égout central qui acheminait l’eau vers la Charente. Cet égout ensablé et  » c’est un bâteau qui prend l’eau d’un peu partout  » explique Bastien Gissinger. L’édifice est alors en péril ( inondé régulièrement en hiver).

La restauration du site de l’amphithéâtre est prévue jusqu’en 2023.

Trois phases sont prévues 

  • l’assainissement dont on a noté l’importance et la mise en place d’un système d’évacuation des eaux pluviales.
  • La restauration de la porte orientale dite des « vivants » , ses travées adjacentes , consolidation des arcs et voûtes , reprise des arases , parements verticaux et traitement de la végétation invasive. La restauration de la porte occidentale , dite porte  » des morts  » , travées , arcs et voûtes , drainage des eaux pluviales , reprise des arases , parements et gestion de la végétation.
  • Enfin , la dernière phase concernera la restauration du mur « podium » et des escaliers d’accès. 
  • Le budget « estimé » pour la restauration du site est de 4,5 millions d’euros , financé par l’état, la région , le département, la ville , avec le soutien de la Fondation du Patrimoine et la banque des territoires.
  • Un appel d’offre est lancé jusqu’au 16 juillet pour la réalisation des travaux.
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  • Bastien Gissinger -Photo R . Charrier.

Où fouillerez vous cet été ?

Participer à un chantier de fouille est sans doute la meilleure manière de s’initier à l’archéologie; C’est une excellente façon d’appréhender la réalité de terrain et d’apprendre les techniques de fouille, l’enregistrement et le traitement des données .

Où se renseigner dans la région

Services régionaux de l’archéologie – 54 rue Magendie-33074 Bordeaux cedex- Tél. 05 57 95 02 02.

Hôtel Malledent- 6 rue haute de la Comédie- 87036 Limoges Cedex- Tél. 05 55 45 66 00.

102 Grand’rue- 86020 Poitiers cedex-Tél. 05 49 36 30 00

et , sur le site du ministère de la culture …

Des chantiers nouveaux s’ouvrent toutes les semaines…

Aqueducs de Saintes : reportage de France 3

« En immersion dans l’aqueduc de Saintes , l’un des plus ancien de France »

Le reportage du 5 mars 2021 de France 3 a porté sur les travaux de numérisation 3D de l’aqueduc par des étudiants en topographie et des bénévoles de la Société d’archéologie et d’histoire de la Charente-Maritime.

Témoignage de Vincent Miailhe , archéologue -topographe , membre de la SahCM :

 » Vous avez une alternance de constructions maçonnées , il s’agit d’une voûte en berceau, directement taillée dans la roche. La voûte est en très bon état, vous avez un mortier qui n’a pas bougé , aucune pierre ne tombe, c’est un tunnel qui a plus de 2000 ans. Les techniques romaines de construction ont toujours été exceptionnelles et ce sont des romains qui l’ont construit. »

Fouilles de l’école Emile Combes en 1987 , parution de l’étude.

Revue archéologique de l’Ouest ( RAO)-n°36- 2019/2020

Presse Universitaires e Rennes : disponible auprès de l’éditeur-Prix 30€

Au sommaire 

-José Gomez de Soto, Christian Vernou, Jean-Louis Hillairet ( avec la collaboration d’Isabelle Kerouanton). La céramique d’une fosse du Bronze final IIIa du site de l’école Emile Combes à Saintes ( Charente-Maritime).

Communiqué de Jean-Louis Hillairet à propos de cette parution.

 » Cette étude est très importante pour la ville de Saintes car pour moi elle démontre que dès l’âge de Bronze Xe siècle avant J.-C , il y avait une occupation assez dense du plateau.

Il nous manque beaucoup de données sur la continuité d’occupation, mais dans le niveau supérieur de  cette fosse , il y avait de la céramique de l’âge de fer. Les différentes nécropoles protohistoriques autour de la ville ainsi que la céramique attique du Ve siècle avant J.-C recueillie à l’emplacement de l’ancienne maternité démontre une occupation continue jusqu’à l’arrivée des Romains.

Je pense que le jour où l’on pourra fouiller entre l’ancienne banque de France et la station Total, nous pourrions avoir les traces de cette continuité d’occupation. »