Résultat des recherches sur le cimetière Saint-Vivien :

Cet article présente les résultats des recherches historiques et généalogiques menées en 2025 par le groupe de bénévoles de la Société d’archéologie et d’Histoire de la Charente-Maritime (SahCM). Ce travail s’inscrit dans un projet de sauvegarde et de transmission de la mémoire des personnalités et des familles qui ont marqué l’histoire de la ville de Saintes, tout en mettant en lumière l’intérêt patrimonial et artistique de certaines sépultures.

Les personnalités politiques :

Thérèse Honorine Vacherie (1837-1912) est la fille de Jean Dulcissime Vacherie, Maire nommé de Saintes de 1849 à 1870, et par ailleurs avocat dans cette même ville. Elle épouse en 1857 Julien Brunaud (1830-1895) originaire de Pons, exerçant également la profession d’avocat. 

Leur première fille Marie Louise (1858-1933) se marie en 1882 avec Yves Emile Henri Ferdinand Heurtel (1848-1922), lieutenant de vaisseau, fait chevalier de la Légion d’Honneur.

De leur union naissent deux garçons : Jehan Julien (1893-1920) officier de marine, inhumé dans ce caveau, et Yves Marie (1884-1916) Capitaine au 243ème RI, fait chevalier de la légion d’honneur, Croix de guerre, 2 citations à l’ordre de l’armée, Premier administrateur de l’Alsace Reconquise, Auditeur de 1ère classe au Conseil d’Etat, Docteur en droit, licencié Ès lettres, tombé à Verdun au champ d’honneur. Une plaque commémorative porte son nom dans la cathédrale Saint-Pierre de Saintes, de même qu’en plusieurs lieux à Paris : place du Palais Royal, à l’école libre des sciences politiques, ou encore pour les 20 arrondissements de Paris (liste non exhaustive).

Thérèse Honorine Vacherie (1837-1912) est la fille de Jean Dulcissime Vacherie, Maire nommé de Saintes de 1849 à 1870, et par ailleurs avocat dans cette même ville. Elle épouse en 1857 Julien Brunaud (1830-1895) originaire de Pons, exerçant également la profession d’avocat. 

Leur première fille Marie Louise (1858-1933) se marie en 1882 avec Yves Emile Henri Ferdinand Heurtel (1848-1922), lieutenant de vaisseau, fait chevalier de la Légion d’Honneur.

De leur union naissent deux garçons : Jehan Julien (1893-1920) officier de marine, inhumé dans ce caveau, et Yves Marie (1884-1916) Capitaine au 243ème RI, fait chevalier de la légion d’honneur, Croix de guerre, 2 citations à l’ordre de l’armée, Premier administrateur de l’Alsace Reconquise, Auditeur de 1ère classe au Conseil d’Etat, Docteur en droit, licencié Ès lettres, tombé à Verdun au champ d’honneur. Une plaque commémorative porte son nom dans la cathédrale Saint-Pierre de Saintes, de même qu’en plusieurs lieux à Paris : place du Palais Royal, à l’école libre des sciences politiques, ou encore pour les 20 arrondissements de Paris (liste non exhaustive).

Sources : Roger Jehan Vittu de Kerraoul©memorialgenweb ; Heurtel Yves Marie©memorialgenweb ; Dictionnaire Biographique des Charentais, ouvrage collectif, Le Croît Vif, 2005 ; Rétronews : Indépendant de la Charente-Inférieure du 14/04/1920 : Avis de messe pour Yves-Marie Heurtel mort en 1916. Cathédrale St Pierre 1920 ; Base Leonore.culture.gouv.fr ; Base MemorialGenweb.org

La sépulture accueille au total 9 personnes. Pierre Hilaire Claviez (1804-1880) en est le concessionnaire principal avec son épouse Pauline Zélia Mathé (ou Mathaé) (1808-1881). Négociant en eau de vie, M. Claviez a également été adjoint du maire, nommé par le pouvoir impérial Jean-Dulcissime Vacherie en 1865.

Sont également inhumés dans cette concession leurs filles, Louise Pauline épouse Fontant (1831-1867) décédée à l’âge de 36 ans, et Marguerite Gabrielle Amarillis (1832-1906) avec son époux André Ernest Bréjon, docteur en médecine (1827-1867).

Leur petite fille Marie Anne Valérie Bréjon (1858-1931) et son époux Louis Paul Gaston Gerain (1851-1925), percepteur, ainsi que leur fille Marguerite Gerain (1884-1888), décédée à l’âge de 4 ans, sont aussi présents.

Enfin, la domestique de la famille, Rose Delbeix (1803-1879), célibataire, décédée à l’âge de 74 ans, trouve sa place dans cet enclos. Sa stèle présente par ailleurs un hommage à sa fidélité et son sens du service.

Sont également inhumés dans cette concession leurs filles, Louise Pauline épouse Fontant (1831-1867) décédée à l’âge de 36 ans, et Marguerite Gabrielle Amarillis (1832-1906) avec son époux André Ernest Bréjon, docteur en médecine (1827-1867).

Leur petite fille Marie Anne Valérie Bréjon (1858-1931) et son époux Louis Paul Gaston Gerain (1851-1925), percepteur, ainsi que leur fille Marguerite Gerain (1884-1888), décédée à l’âge de 4 ans, sont aussi présents.

Enfin, la domestique de la famille, Rose Delbeix (1803-1879), célibataire, décédée à l’âge de 74 ans, trouve sa place dans cet enclos. Sa stèle présente par ailleurs un hommage à sa fidélité et son sens du service.

Les militaires :

Marie Anne Bernardeau de la Briandière (1759-1840), fille de Louis Philippe Bernardeau (1722-1786), chevalier et seigneur de la Briandière, de Lauron (commune de Montpellier-de-Médillan) et du Chantreau (commune de Pessines), et de Charlotte du Bullion de Montlouet (1731-1799), épouse en 1789, à Montpellier-de-Médillan, Jacques Léonard Müller (1749-1824), originaire de Moselle. Ce dernier consacre l’essentiel de sa vie à la carrière militaire. Fils d’un chirurgien major, il gravit rapidement tous les échelons grâce à son mérite. En 1792, il est lieutenant-colonel au premier bataillon de France, colonel puis général de division en 1793, et enfin général en chef à l’armée du Rhin en 1799. Commandant de divisions des armées du roi et inspecteur général d’infanterie en 1802, il est fait chevalier de Saint Louis et du mérite militaire, commandeur de la légion d’honneur en 1804. Nommé baron de l’empire en 1810, sous la dénomination de Gâterat, il prend sa retraite en 1814 et se retire définitivement à Saintes dans sa maison de la rue du Général Sarrail. Son nom est gravé sous l’Arc de Triomphe – Colonne 33 – Müller. 

Marie Anne Bernardeau de la Briandière (1759-1840), fille de Louis Philippe Bernardeau (1722-1786), chevalier et seigneur de la Briandière, de Lauron (commune de Montpellier-de-Médillan) et du Chantreau (commune de Pessines), et de Charlotte du Bullion de Montlouet (1731-1799), épouse en 1789, à Montpellier-de-Médillan, Jacques Léonard Müller (1749-1824), originaire de Moselle. Ce dernier consacre l’essentiel de sa vie à la carrière militaire. Fils d’un chirurgien major, il gravit rapidement tous les échelons grâce à son mérite. En 1792, il est lieutenant-colonel au premier bataillon de France, colonel puis général de division en 1793, et enfin général en chef à l’armée du Rhin en 1799. Commandant de divisions des armées du roi et inspecteur général d’infanterie en 1802, il est fait chevalier de Saint Louis et du mérite militaire, commandeur de la légion d’honneur en 1804. Nommé baron de l’empire en 1810, sous la dénomination de Gâterat, il prend sa retraite en 1814 et se retire définitivement à Saintes dans sa maison de la rue du Général Sarrail. Son nom est gravé sous l’Arc de Triomphe – Colonne 33 – Müller. 

La sépulture s’organise autour d’un sarcophage central en pierre, dont les flancs sont ornés de l’épitaphe du défunt, encadré de deux monuments latéraux massifs aux volumes imposants. Ces éléments verticaux, traités comme de véritables architectures miniatures, sont soulignés par de larges moulures, corniches, les gravures se sont effacées par le passage du temps. L’enclos en ferronnerie vient structurer l’espace et affirmer le caractère privé et familial de la concession.

Sources : :
J.d’Olce, Revue de la Saintonge et de l’Aunis, Imprimerie Graphique de l’Ouest, 1904, page 309-321
Dictionnaire historique et généalogique  des familles du Poitou, Tome 1,Imprimerie Oudin et Cie (Poitiers) page 476,
Société des archives historiques et de Saintonge et de l’Aunis,1888, page 61-62,
Société des archives historiques de la Saintes et de l’Aunis, nécrologies, 1899, pages 160-161
Baron Eschassériau, Études, documents et extraits relatifs à la ville de Saintes, imprimerie P Orliaguet Paris 1876, page 91
Beauchet-Filleau, Dictionnaire historique et généalogique  des familles du Poitou, Tome 2, imprimerie Oudin et Cie (Poitiers) 1895, page 126
De Laborde Lassale A. -Monographie, Une famille de la Chalosse, 1723-1852 ; imprimerie Séverin Serres (Saint Sever sur Adour) 1902, page 269-272,
https://archinoe.com/v2/ad17

La sépulture de la famille Dumas-Arden réunit plusieurs générations marquées par les carrières juridiques et militaires, illustrant un fort engagement au service de l’État du XIXe au XXe siècle.

Lucien Dumas (1828-1919), né au Gua, exerce la profession de notaire. Il exerce d’abord à Montils, puis à Cozes en 1858, avant d’être nommé suppléant du juge de paix du canton. Il épouse en 1854 à Saintes Marie Lacroix, dite Lovely (1832-1921). Le couple a une fille unique, Marie Justine Gabrielle Dumas (1854-1945).

Celle-ci se marie en 1873 à Cozes avec Émile Guément (1849-1886), licencié en droit et notaire. Il succède à son beau-père à l’étude notariale de Cozes en 1875, puis en tant que suppléant au juge de paix du canton en 1881, avant de disparaître prématurément à l’âge de 36 ans. Veuve, Gabrielle Dumas se retire à Saintes, où elle acquiert en 1887 une maison sur le cours National.

De leur union naît Marguerite Guément (1874-1966), qui épouse en 1894 Jules Émilien Jean Paillet (1858-1949), officier de marine. Entré dans la Marine en 1874, celui-ci mène une brillante carrière navale, commande notamment le cuirassé Jauréguiberry et le 2e régiment de fusiliers marins durant la Première Guerre mondiale. Officier puis commandeur de la Légion d’honneur, il termine sa carrière à la direction des mouvements du port de Toulon et finit sa vie à Saintes.

Leur fille unique, Marie Gabrielle Emilienne Marguerite Paillet (1896-1991), épouse en 1922 Joseph Marie Henri Arden (1899-2000). Officier de marine, en 1920, il est second du sous-marin “Henri Fournier”. Il obtient son brevet d’officier torpilleur et son brevet d’aptitude à la conduite sous-marine. Il est nommé capitaine de vaisseau en 1944, commandeur de la Légion d’Honneur, et du Mérite Maritime. Sur terre, il est adjoint au Major général de la Marine, Membre de la Commission des phares. Il accède au rang de contre-amiral en 1955. Il s’éteint à Royan dans sa 102ème année.  

Sources : Indépendant de la Charente Inférieure du 13/10/1858 Indépendant de la Charente Inférieure 6/9/1862
Indépendant de la Charente Inférieure 15/1/1875
Indépendant de la Charente Inférieure du 04/6/1881
Indépendant de la Charente Inférieure du 16/4/1887

www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr ; memorialgenweb.org ; https://archinoe.com/v2/ad17/conscrit_nominal ; https://archinoe.com/v2/ad17
https://parcoursdeviesdanslaroyale.fr ; https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr

Les Morts pour la France :

Emile Henri Renis (1848-1919), ajusteur, est originaire de Montauban. Il épouse en secondes noces en 1885 Adèle Murat (1858-1937) sans profession, également originaire de Montauban mais installée à Saintes. Il déménage donc, et s’installe dans notre ville comme serrurier. Le couple a trois enfants présents dans la concession familiale : Angèle Louise (1885-1890) décédée à l’âge de 5 ans, Adrien Gabriel (1888-1890) décédé à l’âge de 2 ans, et Charles Louis (1898-1918) décédé à l’âge de 19 ans.

Charles Louis Renis est appelé sous les drapeaux comme mécanicien-ferblantier au sein de la 18ème escadrille de l’armée de l’air. Blessé au combat, il périt lors du bombardement dans la nuit du 16 au 17 juin 1918 de l’hôpital militaire complémentaire dans lequel il est soigné, à Ognon dans l’Oise.

Cette sépulture est représentative de la mode de la fin du XIXème siècle. Des familles modestes souhaitent un écrin durable pour leur repos éternel sans avoir les moyens financiers de payer une chapelle en pierre de taille. La démocratisation du métal (matériau travaillé par M. Renis) et du verre, permet alors à beaucoup de familles de protéger les tombes et venir s’y recueillir à l’abri des intempéries.

Sources :  Etat civil (actes de naissances, décès, mariages), Archives Départementales 17. Rétronews : l’écho de Rive de Giers du 13/02/1927 (création du mémorial) p 3/6. Rétronews : La liberté du 18/11/1926 (cérémonie militaire à Ognon) p : 3/6. archinoe.com & memorialgenweb.org 

La sépulture familiale Corbinaud rassemble plusieurs générations de cultivateurs établis au lieu-dit La Conseille, à Saintes, derrière la prairie de Courbiac. Louis Corbinaud (1809-1888), cultivateur, épouse en 1850 Madeleine Rondeau (1818-1881), originaire de Berneuil. Le couple s’installe à La Conseille. Ils n’auront qu’un fils,  Louis Corbinaud (1851-1926), qui reprend l’activité de la ferme. Ce dernier épouse en 1875 Marie Eléonore Judet (1857-1918). 

De cette union naît Louis Henri Corbinaud (1878-1917). Il fait son service dans le Bataillon de Chasseurs à Pied de 1899 à 1902. Il est mobilisé en 1914, d’abord intégré au 167ème Régiment d’Infanterie Territorial. Il est blessé une première fois aux testicules et au genou en août 1915, au Bois le Guêtre, en Meurthe et Moselle. Il reprend du service dans les Régiments d’Infanterie, puis rejoint le 115ème Régiment Territorial de l’Armée d’Orient en mai 1917. Il meurt le 9 juillet de cette même année, des suites d’une maladie contractée en service à Salonique, en Grèce. Il est inhumé au cimetière militaire de Zeitenlik en Grèce (tombe n°3857) et reçoit la mention « Mort pour la France ».

La lignée s’éteint en 1926 avec la mort de son père, Louis Corbinaud. Sans héritier, il lègue par testament son exploitation agricole, fruit de trois générations de labeur. 

Sources : archives départementale de la Charente Maritime/tables de successions
www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr ; https://archinoe.com/v2/ad17/conscrit_nominal ; https://archinoe.com/v2/ad17

La sépulture de la famille Barot porte la mémoire de plusieurs soldats qui se sont battus lors des deux conflits mondiaux du XXe siècle, trois d’entre eux sont Morts pour la France.

Né à Royan en 1878, Georges Antoine Barot s’engage en 1898 en rejoignant le régiment des sapeurs-pompiers de Paris. Sergent, il réside à la caserne de Château-Landon où il épouse en 1906, Aline Jeanne Marie Lecocq. À la mobilisation de 1914, il est promu sous-lieutenant au 226ᵉ régiment d’infanterie. Engagé dans les combats meurtriers de l’Artois, il est tué à l’ennemi le 28 septembre 1915 à Givenchy-en-Gohelle (Pas-de-Calais) et sera reconnu Mort pour la France. Son père Gaston Constant Barrot (1850-1924) menuisier de profession, il a été bénévolement capitaine des sapeurs-pompiers  de Saintes jusqu’en 1910, fait chevalier de la légion d’honneur pour sa carrière et son mérite en 1905, siégeant dans de nombreuses institutions.

Né à Saintes en 1892, Louis Étienne Barot appartient à la génération sacrifiée du début de la Grande Guerre. Après avoir débuté une carrière de quincaillier dans les Alpes-Maritimes, il choisit de s’engager dans l’armée en 1913. Affecté au 11ᵉ bataillon de chasseurs à pied, il participe aux opérations du Maroc occidental, lors de campagnes coloniales françaises.

Au déclenchement de la guerre de 1914, il est versé au 14ᵉ bataillon de chasseurs à pied et envoyé sur le front de la Somme. Le 1ᵉʳ octobre 1914, lors des combats de Maucourt, il est porté disparu, puis déclaré tué à l’ennemi. Il recevra alors la médaille coloniale avec agrafe et la mention Mort pour la France. Son décès illustre la violence extrême des premiers mois du conflit.

Né en 1924 à Boulogne-Billancourt, Jacques Jean Louis Barot est étudiant lorsqu’il s’engage en septembre 1944 dans la lutte pour la libération du territoire de Belfort, en rejoignant le 2ᵉ bataillon de Choc, une unité composée en grande partie de jeunes volontaires issus de la Sorbonne et du lycée Janson de Sailly à Paris. Inspecté par le général de Gaulle le 13 novembre 1944, il est engagé dès le 26 novembre pour sa première mission : libérer Masevaux. Le 29 novembre 1944, Jacques meurt de ses blessures à Giromagny à l’âge de vingt ans. Il est le troisième Mort pour la France de cette sépulture. Son père Louis Frédéric Barot (1890-1940), interprète de profession, a vécu à Milan en Italie. Installé ensuite à Sosnowiec, en Pologne, il se trouve empêché de circuler et de rejoindre l’armée française. Il n’est rapatrié qu’en juin 1918, puis sert sous les drapeaux de novembre 1918 à mars 1919. Il s’installe à Saintes avec son frère Jean Gaston. Après le décès de celui-ci en 1921, il se marie à Paris avec Andrée Lamberton, part s’installer en Brême, avant de revenir sur Paris à partir de 1924.

Un autre membre de la famille s’est illustré, le dessinateur en joaillerie Henri Gaston Barot (1881-1965). Incorporé pour son service militaire au 14ème bataillon de chasseurs alpins, il est appelé sous les drapeaux en 1914 au 44ème régiment d’infanterie. Blessé le 20 octobre 1914 à Sacy (Aisne), il est reconnu inapte à l’infanterie et affecté, en septembre 1915, au 2ème groupe d’aviation. Il y gravit les échelons, accédant en 1918 au commandement de la 43ème section de photo aérienne. Promu sous-lieutenant, il est décoré de la Croix de Guerre et de la légion d’honneur pour la valeur des renseignements fournis au commandement, issus notamment de ses missions en Artois et devant Verdun. Démobilisé en 1919, il reste dans l’armée de réserve avec un grade de capitaine. Il perd son épouse en 1923, et attend 1940 pour se remarier avec Madeleine Flourens (1885-1947) à Vaux-sur-Mer. 

Le fronton est imposant. Il attire le regard par son décor sculpté, une couronne centrale, symbole de mémoire et de pérennité. L’architecture est sobre mais soignée, caractéristique des tombes de la fin du XIXᵉ et l’atmosphère générale évoque le silence, la mémoire et le passage du temps.


–  Photo des ADCM, autorisation des ADCM
Sources : Base Rhin-et-danube.fr/wordpress/?p=915 ;  www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr ; https://archinoe.com/v2/ad17/conscrit_nominal ; https://archinoe.com/v2/ad17 ; https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr ; 

Administration :

Divers :

La sépulture lie deux amis de jeunesse qui deviendront beaux-frères. Mariés chacun à une fille d’Honoré Terrier, boulanger à Saintes, Auguste Dasque et Jacques Régulus avaient une passion commune : la musique. D’un côté, Auguste Dasque, né à Vic-en-Bigorre mais saintais dès son plus jeune âge, est horloger avec son père, et de l’autre, Jacques Régulus, habitant des Landes, fabrique des sabots dans l’atelier de son père. Entre 1860 et 1867, Auguste Dasque et Jacques Régulus réalisent leur service militaire et leur chemin se croise. Au service, Jacques apprend et pratique la musique militaire. De retour dans son village natal, il fonde fanfares et sociétés orphéoniques. Quant à Auguste, il se marie en 1868 avec Léa Terrier et s’investit dans la musique : professeur de musique au collège de Saintes pendant 35 ans, jury aux Grandes fêtes musicale de Saintes en 1897, mais aussi compositeur d’une quinzaine d’œuvres au moins. Avec son père, il tenait une boutique installée d’abord rue porte aiguière, puis Cours National où ils vendaient et réparaient des instruments de musique, éditaient et conseillaient des partitions. Le père et le fils se sont indiqués également luthier, alliant leur expertise de tournage sur bois et en bijouterie. Un rare exemplaire d’un flageolet estampillé « Dasque Saintes » datant de la fin du 19e siècle a été vendu aux enchères en 2019.

De son côté, Jacques Régulus vient rendre visite à son ami du service militaire et fait la connaissance d’Emma Terrier, la belle-sœur d’Auguste, et se marie avec elle en 1872. Jacques Régulus rejoint le Conseil municipal et œuvre pour ses concitoyens, recevant la médaille de Chevalier du mérite agricole. Il devient vice-président de la 442e section des Vétérans des armées de terre et de mer, ayant lui-même commandé une compagnie lors de la guerre de 1870. La devise de ces sections était : « Oublier… jamais ! »

Auguste Dasque s’éteint en 1899 d’une maladie du cœur. Son ami et beau-frère Jacques Régulus succombe à une longue maladie dix ans plus tard. Son parcours et dévouement pour sa ville et la mémoire des soldats lui valent la présence lors de son enterrement d’un sénateur et maire, Mr Genet, d’un député et d’un sous-préfet.

Sources : Touroude, J.D.,Flageolet Napoléon III estampillé Dasque à Saintes, https://rp-archivesmusiquefacteurs.blogspot.com/2020/06/flageolet-napoleon-iii-estampille.html
L’Indépendant de la Charente-Inférieure, 2 oct. 1909, p. 2/4
Bulletin de la Société des Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis 1876-1879, p58
Illustration : Dasque, A., (1876) Fleur de mai, Bibliothèque Nationale de France ADCM : actes de naissance, mariage, décès

La sépulture a sans doute été achetée par Jean-Baptiste Rousseau vers 1889, lors de la perte de son fils cadet, Georges Jules Rousseau (1870-1889). Originaires des Rabannières, Jean-Baptiste Rousseau (1833-1904) et Justine Marguerite Richard (1844-1922) se marient en 1865 et partent vivre un peu plus au nord, au Terrier des Mouches. Deux ans plus tard nait Léon Alcide Rousseau (1867-1900). Il devient cultivateur comme son père. L’année de ses 20 ans, il s’engage volontairement pour 5 années à la mairie de Rochefort et rejoint les équipages de la flotte. Il fait le voyage de Saintes à Rochefort le 15 février 1888 et commence à apprendre le métier de marin. Dès juin 1888, il débute ses services à la mer en tant que canonnier auxiliaire sur le navire Bretagne, un vaisseau école en station à Brest. Il se spécialise au poste de canonnier auxiliaire sur le vaisseau école La Couronne jusqu’en juin 1889 où il obtient son brevet de canonnier. Basé à Toulon, le vaisseau effectue des entrainements de tirs autour des îles d’Hyères. Le croiseur Le Sané étant de retour à Rochefort après une guerre menée au royaume du Dahomey sur les côtes de l’actuel Bénin, Léon Alcide Rousseau monte à bord quelques jours en septembre 1890 pour participer aux essais, avant que le navire ne reparte dans l’Atlantique sud. Un autre croiseur de 3e classe en acier est mis à l’eau à Bordeaux en août 1889 et Léon Alcide participera également aux essais à Rochefort pendant près d’un an, jusqu’en 1891. Après quelques périodes d’exercices, il passe dans l’armée de terre en 1898, affecté dans l’artillerie à pied à Bayonne puis à Royan. Il se marie en 1897 avec Léontine Favre à Pont-l’Abbé-d’Arnoult où il s’éteindra trois ans plus tard en 1900, à l’âge de 32 ans, sans descendance.

Quant à son frère, Georges Jules Rousseau, il reste vivre auprès de ses parents étant donné que le fils aîné vogue près des côtes françaises. Ce dernier, de retour de Toulon, sera présent à l’enterrement de son frère en 1889.

Le père, Jean Baptiste Rousseau, meurt quelques années après son deuxième fils, en 1904. Les noms des parents et des deux fils sont inscrits sur la plaque et dans la pierre. La colonne brisée a été choisie pour symboliser et se souvenir de la disparition précoce de leurs deux enfants.

Sources : Vaisseau la Bretagne : Journal Le Soleil, 27/04/1878. Le Sané : Journal Le Phare des Charentes, 7/09/1890, Journal La Justice 3/10/1890, Journal La République Française, 9/07/1890. ADCM : actes de naissance, mariage, décès, matricule militaire

Deux blocs parallèles et similaires sont légèrement inclinés vers l’est : ce sont les sépultures de Charles Compagnon de Thézac (1806-1884) et de Louise Balby de Vernon (1826-1909). Tous les deux appartiennent à d’anciennes familles nobles, l’une de Saintonge, l’autre du pays de Foix. Jacques Etienne Compagnon de Thézac (mort à Thézac en 1842) et Françoise Eléonore Broussard donnent naissance à Charles Compagnon de Thézac en 1806 à Pons. Il y commence son instruction avant de continuer à Paris, et de revenir à Saintes. Il poursuit son enseignement à Poitiers et obtient un bachelier en 1827 avant de retourner sur Paris, où il commence sa carrière à l’enregistrement. Il gravit les échelons et parcours l’est de la France : Longwy, Bray sur Seine, Joigny de 1837 à 1857, et Alby en 1857, devenu directeur de l’enregistrement et des domaines. C’est à Alby qu’il rencontre son épouse, Louise Clotilde Joséphine de Balby de Vernon.  Ils partent vivre à Orléans où Charles se voit décerner la médaille de chevalier de la Légion d’Honneur pour ses 42 ans de services. Il revient peu après, en 1868, à Saintes, dans la maison paternelle qui accueille de nombreux objets d’art et archéologiques. Sa maison rue des Ballets, qui sera la maison de Charles Dangibeaud, se transforme en un musée personnel qu’il aimait faire visiter. Il devient administrateur de la Société des archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis. Il s’éteint paisiblement en 1884 dans son domicile, à 80 ans. Louis Audiat prononce un discours à son enterrement. Louise Clotilde Joséphine de Balby de Vernon meurt en 1909 rue Reverseaux à 84 ans.

Ils ont eu un fils, Marie Jacques Léon Emile Compagnon de Thézac, dit Jacques de Thézac, né à Orléans en 1862. Comme ses parents, il est philanthrope et conjugue son altruisme avec sa passion pour le milieu marin en portant une attention aux marins et à leurs familles. Il fonde l’Œuvre des Abris du Marin qui existe encore aujourd’hui.

Sources : Bulletin de la Société des archives historiques de la Saintonge et d’Aunis, 1887, p. 237. Les Abris du Marin, consulté le 21/12/2025, https://lesabrisdumarin.fr/ ADCM : actes de naissance, mariage, décès

Au détour des nombreuses croix qui ornent les sépultures, l’une d’entre elles a attiré notre attention. Bien que la rouille ait marqué le temps passé, l’état de conservation, la finesse et les détails géométriques de la croix haute de 83 centimètres montée sur un quadrilatère pyramidal, nous ont aussi surpris que l’inscription située à la base de la croix en fer rouge : Barbezat et Cie.

A la mort du fondateur Jean-Pierre-Victor André (1790-1851), Gustave Barbezat (1818-1867) devient le directeur d’une fonderie d’art basée à Osne-le-Val qu’il renomme Barbezat et Cie en 1855 tout en s’appuyant sur la renommée héritée de son prédécesseur. En effet, Jean-Pierre-Victor André fait construire en 1836 à Osne-le-Val (Haute-Marne) l’usine avec un premier haut fourneau et lance la production d’objets en fonte visant à décorer ou donner une signification : une fonderie d’art ou d’ornement. C’est le début de l’apogée de la fonte de fer qui remplace le bronze, ouvrant la porte à de multiples formes et financièrement plus abordables. L’établissement se voit décerner plusieurs médailles comme marque d’un travail de qualité et participe à plusieurs Expositions universelles, Paris en 1855 et 1857 et Londres en 1862 notamment. L’établissement de fonderie va perdurer jusqu’en 1986, subissant le déclin de la fonte d’art après la première guerre mondiale au profit des monuments aux morts et par la suite des pièces mécaniques.

Plusieurs catalogues sont publiés et vendus pour 30 francs par l’établissement Barbezat et Cie. Celui publié en 1860 compte plus de 2600 modèles de moulures, allant des candélabres, des bancs, des cheminées, des fontaines aux statues, aussi bien profanes que religieux. Sur la planche n°169 de ce catalogue, sous le n°31 est dessiné la croix qui ornait jusqu’en septembre 2025 la sépulture de la famille Train-Gautron. La fonderie créait sans cesse de nouveaux modèles et faisait appel à des artistes sculpteurs tels que Mathurin Moreau, Albert Ernest Carrier-Belleuse ou James Pradier. Aujourd’hui encore, nous pouvons admirer ces œuvres qui se sont installées dans notre quotidien (prenons les exemples des fontaines Wallace, des entrées de métro Guimard à Paris, ou encore le monument aux Girondins à Bordeaux) et qui entrent dans les collections des musées.

D’après les dates d’existence de la fonderie au nom de Barbezat et Cie, la croix de la sépulture semble avoir été fabriquée entre 1855 et 1867. Cependant, la concession a été achetée en mai 1886 par Elisabeth Marie Adèle Train (1855-), pour son père et la famille Train-Gautron. Sa mère, Marie Louise Audouin, tailleuse de robe, est décédée alors qu’Elisabeth avait 19 ans, en 1869. A 31 ans, elle achète la concession. Son père, Etienne Train (1825-1903), était serrurier et forgeron jusque vers 1880, ce qui pourrait fonder le lien avec le choix d’une croix en fer, puis il devient mécanicien. Elisabeth devient couturière et se marie en 1878 avec Constant Gautron (1851-1913), originaire de Saint Soulle. Il sera chaudronnier puis sera employé aux Chemins de fer de l’Etat vers 1905. Leur fils unique sera d’abord horloger avant le service militaire puis, affecté aux Chemins de fer, il deviendra surveillant électricien aux Chemins de fer. D’après la mairie, aucune de ces personnes n’est inhumée dans cette sépulture.

Sources : Les Compagnons de l’histoire, (2008) Historique, http://compagnonshistoire.free.fr/pages/historique.html. La fonderie d’Art du Val d’Osne, consulté le 21/12/2025, https://www.marcmaison.fr/architectural-antiques-resources/fonderie-art-val-dosne-statue-fonte-fer-sculpture. Exposition publique des produits de l’industrie française, 1839, Tome 1, p383, Gallica. Barbezat et Cie, 1860, Catalogue, p159, Ville de Paris / Bibliothèque Forney. ADCM : actes de naissance, mariage, décès, matricule militaire

Le Radeau de la Méduse, tableau peint par Géricault, est connu du plus grand nombre. Le naufrage de ce navire a laissé 15 survivants sur un radeau de fortune, dont Alexandre Griffon du Belay (1788-1862). Il avait embarqué sur la frégate La Méduse en tant que secrétaire de Schmaltz, gouverneur du Sénégal.

Le cimetière de Saint-Vivien a compté jusqu’en septembre 2025 la sépulture du premier fils de ce survivant : Jean Baptiste Henri Melchior Griffon du Bellay (1819-1886) né trois ans après le naufrage. Au retour du périple qui devait emmener les 400 passagers au Sénégal, Alexandre Griffon du Belay se marie avec Claire de Nesmond (1788-1859), née sur l’île de la Martinique. De ce mariage, naît en premier Melchior Griffon du Belay à Rochefort. Ce dernier habite à Saint-Denis-du-Pin certainement après son mariage en 1844 avec Louise Scolastique Verneuil (1817-1887) native de ce village. Il est employé aux douanes, puis inspecteur et receveur des douanes jusqu’à sa retraite. Avec Louise, ils ont quatre enfants, dont deux seulement dépassent la majorité. Armand (1846-1882) suit les pas de son père en étant commis à la direction des douanes. Il est emporté par la fièvre typhoïde quelques années après son mariage. Quant à sa sœur Sidonie (1848-1922), elle devient religieuse au couvent de la Providence à Saintes. Après avoir demeuré un temps à Taillebourg, Melchior Griffon du Belay vient vivre à Saintes en 1883 mais meurt d’une « longue et douloureuse maladie » (Echo Rochelais 30/06/1883), il s’éteint deux mois plus tard à l’hospice civile de Saintes. Sa femme meurt également à Saintes, dans sa maison située esplanade du capitole. Tous les deux inhumés dans cette sépulture.

Sources : Guiga, N. et Portelli, A. (2023) . Les récits du radeau de la méduse : l’histoire d’une situation extrême au prisme des violences et des sorties de guerre. Napoleonica. La Revue, N° 46(2), p. 139-172. https://shs.cairn.info/revue-napoleonica-la-revue-2023-2-page-139?lang=fr
L’Indépendant de la Charente-Inférieure, 30 juin 1883, p. 3/4
L’Écho rochelais, 30 juin 1883, p. 2/4
ADCM : actes de naissance, mariage et décès

Son grand-père écrivain et maître de pension, et son père professeur en mathématiques, Léon Joseph Théodore Termonia (1825-1901) se dirige quant à lui vers la médecine. En 1852, après ses études de médecine à l’Hôpital militaire d’Instruction de Strasbourg, il rejoint l’armée. Il est envoyé à Sébastopol lors de la guerre de Crimée. Il reçoit la croix de chevalier de la légion d’honneur en 1856 et celle d’officier en 1880. Il participe à huit campagnes militaires : en Orient, en Italie, en Afrique et contre l’Allemagne. Pour ces services rendus, il reçoit la médaille de sa Majesté la Reine d’Angleterre et la médaille d’Italie. Après avoir longtemps résidé à La Rochelle, il s’installe à Saintes pour sa retraite, tout en restant médecin major de 1ère classe dans l’armée active à partir de 1883. Passionné de botanique, il effectue des voyages d’exploration dans la région saintongeaise pour découvrir de nouvelles plantes ou espèces animales et s’implique dans la Société des sciences naturelles de Charente-Inférieure. Il est également membre du bureau de la Société des Archives historiques de Saintonge et d’Aunis.

Sa sœur, Marie Adélaïde Cécile Léontie Termonia (1823-1890), se marie avec Charles François Elie Febvre, propriétaire et originaire de Niort. De leur union, naît à Niort, Jules Charles Febvre, qui se marie avec Marie Pignon à Paris. Il meurt à Nantes en 1938, mais est enterré à Saintes avec son épouse, dans la même sépulture que ses parents et son oncle Léon Termonia.

Sources : Base Léonore : https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr
Revue de la Saintonge et de l’Aunis tome XX 1901 p 371-373
Le Courrier de la Rochelle, 10 juil. 1892, p. 2/4
Le Phare de la Loire, 6 mars 1938 p4/10 – ADCM : actes de naissance, mariage, décès