La sépulture de la famille Barot porte la mémoire de plusieurs soldats qui se sont battus lors des deux conflits mondiaux du XXe siècle, trois d’entre eux sont Morts pour la France.
Né à Royan en 1878, Georges Antoine Barot s’engage en 1898 en rejoignant le régiment des sapeurs-pompiers de Paris. Sergent, il réside à la caserne de Château-Landon où il épouse en 1906, Aline Jeanne Marie Lecocq. À la mobilisation de 1914, il est promu sous-lieutenant au 226ᵉ régiment d’infanterie. Engagé dans les combats meurtriers de l’Artois, il est tué à l’ennemi le 28 septembre 1915 à Givenchy-en-Gohelle (Pas-de-Calais) et sera reconnu Mort pour la France. Son père Gaston Constant Barrot (1850-1924) menuisier de profession, il a été bénévolement capitaine des sapeurs-pompiers de Saintes jusqu’en 1910, fait chevalier de la légion d’honneur pour sa carrière et son mérite en 1905, siégeant dans de nombreuses institutions.
Né à Saintes en 1892, Louis Étienne Barot appartient à la génération sacrifiée du début de la Grande Guerre. Après avoir débuté une carrière de quincaillier dans les Alpes-Maritimes, il choisit de s’engager dans l’armée en 1913. Affecté au 11ᵉ bataillon de chasseurs à pied, il participe aux opérations du Maroc occidental, lors de campagnes coloniales françaises.
Au déclenchement de la guerre de 1914, il est versé au 14ᵉ bataillon de chasseurs à pied et envoyé sur le front de la Somme. Le 1ᵉʳ octobre 1914, lors des combats de Maucourt, il est porté disparu, puis déclaré tué à l’ennemi. Il recevra alors la médaille coloniale avec agrafe et la mention Mort pour la France. Son décès illustre la violence extrême des premiers mois du conflit.
Né en 1924 à Boulogne-Billancourt, Jacques Jean Louis Barot est étudiant lorsqu’il s’engage en septembre 1944 dans la lutte pour la libération du territoire de Belfort, en rejoignant le 2ᵉ bataillon de Choc, une unité composée en grande partie de jeunes volontaires issus de la Sorbonne et du lycée Janson de Sailly à Paris. Inspecté par le général de Gaulle le 13 novembre 1944, il est engagé dès le 26 novembre pour sa première mission : libérer Masevaux. Le 29 novembre 1944, Jacques meurt de ses blessures à Giromagny à l’âge de vingt ans. Il est le troisième Mort pour la France de cette sépulture. Son père Louis Frédéric Barot (1890-1940), interprète de profession, a vécu à Milan en Italie. Installé ensuite à Sosnowiec, en Pologne, il se trouve empêché de circuler et de rejoindre l’armée française. Il n’est rapatrié qu’en juin 1918, puis sert sous les drapeaux de novembre 1918 à mars 1919. Il s’installe à Saintes avec son frère Jean Gaston. Après le décès de celui-ci en 1921, il se marie à Paris avec Andrée Lamberton, part s’installer en Brême, avant de revenir sur Paris à partir de 1924.
Un autre membre de la famille s’est illustré, le dessinateur en joaillerie Henri Gaston Barot (1881-1965). Incorporé pour son service militaire au 14ème bataillon de chasseurs alpins, il est appelé sous les drapeaux en 1914 au 44ème régiment d’infanterie. Blessé le 20 octobre 1914 à Sacy (Aisne), il est reconnu inapte à l’infanterie et affecté, en septembre 1915, au 2ème groupe d’aviation. Il y gravit les échelons, accédant en 1918 au commandement de la 43ème section de photo aérienne. Promu sous-lieutenant, il est décoré de la Croix de Guerre et de la légion d’honneur pour la valeur des renseignements fournis au commandement, issus notamment de ses missions en Artois et devant Verdun. Démobilisé en 1919, il reste dans l’armée de réserve avec un grade de capitaine. Il perd son épouse en 1923, et attend 1940 pour se remarier avec Madeleine Flourens (1885-1947) à Vaux-sur-Mer.
Le fronton est imposant. Il attire le regard par son décor sculpté, une couronne centrale, symbole de mémoire et de pérennité. L’architecture est sobre mais soignée, caractéristique des tombes de la fin du XIXᵉ et l’atmosphère générale évoque le silence, la mémoire et le passage du temps.
– Photo des ADCM, autorisation des ADCM
Sources : Base Rhin-et-danube.fr/wordpress/?p=915 ; www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr ; https://archinoe.com/v2/ad17/conscrit_nominal ; https://archinoe.com/v2/ad17 ; https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr ;