Archives 2026

Ouverture officielle de la Maison des Aqueducs

La Société d’archéologie et d’histoire de la Charente-Maritime a l’immense plaisir d’annoncer l’ouverture officielle de la Maison des Aqueducs à Vénérand :

Le samedi 4 avril 2026

Après plus de 5 ans de travaux, la Maison des Aqueducs à Vénérand ouvre officiellement ses portes pour accueillir tous les passionnés de patrimoine, d’histoire antique et de génie hydraulique romain. Venez découvrir un parcours immersif consacré à l’eau et aux aqueducs antiques de Saintes, conçu pour toute la famille : contenus pédagogiques et espaces d’exploration vous attendent pour une visite à la fois ludique et enrichissante.

Ce lieu culturel unique, né d’un partenariat entre les acteurs locaux, la commune de Vénérand, l’agglomération de Saintes, l’Office de Tourisme de Saintes et la Société d’Histoire et d’Archéologie de la Charente-Maritime, vous plonge au cœur du rôle essentiel de l’eau à l’époque romaine.

📅 Ouverture de Pâques à la Toussaint
🎉 Portes ouvertes les 4 et 5 avril 2026

📍Impasse des Lavandières à Vénérand

L’accès se fait par la route Saintes/Saint-Jean-d’Angély D150, prendre à droite direction le bourg de Vénérand, puis tourner à droite à 300 mètres. Garez-vous sur le parking enherbé aménagé dans le près en face. Descendez à pied la rue du Buis, puis à droite rue des Fontaines, jusqu’à l’accueil vitré de la Maison des Aqueducs située à moins de 100 mètres à pied.                   

Nous adressons nos remerciements à la commune de Vénérand, à l’Agglomération Saintes Grandes Rives et à l’Office de Tourisme de Saintes et de la Saintonge pour la concrétisation de ce projet auquel nous sommes très attachés.

Renseignements : accueil@saintes-tourisme.fr

Résultat des recherches 2025 sur le cimetière Saint-Vivien :

Cet article présente les résultats des recherches historiques et généalogiques menées en 2025 par le groupe de bénévoles de la Société d’archéologie et d’Histoire de la Charente-Maritime (SahCM). Ce travail s’inscrit dans un projet de sauvegarde et de transmission de la mémoire des personnalités et des familles qui ont marqué l’histoire de la ville de Saintes, tout en mettant en lumière l’intérêt patrimonial et artistique de certaines sépultures.

Cliquez sur le nom de famille pour faire apparaître la notice

Personnalités politiques :

Thérèse Honorine Vacherie (1837-1912) est la fille de Jean Dulcissime Vacherie, Maire nommé de Saintes de 1849 à 1870, et par ailleurs avocat dans cette même ville. Elle épouse en 1857 Julien Brunaud (1830-1895) originaire de Pons, exerçant également la profession d’avocat. 

Leur première fille Marie Louise (1858-1933) se marie en 1882 avec Yves Emile Henri Ferdinand Heurtel (1848-1922), lieutenant de vaisseau, fait chevalier de la Légion d’Honneur.

De leur union naissent deux garçons : Jehan Julien (1893-1920) officier de marine, inhumé dans ce caveau, et Yves Marie (1884-1916) Capitaine au 243ème RI, fait chevalier de la légion d’honneur, Croix de guerre, 2 citations à l’ordre de l’armée, Premier administrateur de l’Alsace Reconquise, Auditeur de 1ère classe au Conseil d’Etat, Docteur en droit, licencié Ès lettres, tombé à Verdun au champ d’honneur. Une plaque commémorative porte son nom dans la cathédrale Saint-Pierre de Saintes, de même qu’en plusieurs lieux à Paris : place du Palais Royal, à l’école libre des sciences politiques, ou encore pour les 20 arrondissements de Paris (liste non exhaustive).

Leur deuxième fille Marie-Thérèse Camille (1865-1938) épouse Roger Pierre de Kérraoul (1854-1938) en 1885. Lieutenant de Vaisseau, puis Capitaine de frégate, il décède à Saintes mais n’est pas inhumé dans le caveau familial. 

Yves Marie Heurtel © Bruno BAVEREL – Roger Jehan Vittu de Kerraoul © Bertrand LEMONNIER

De la branche Vittu de Kérraoul, naissent deux fils : Guy Pierre (1888-1959) Capitaine de frégate, qui se marie en 1923 avec Madeleine Josette Bohin (1893-1966) tous deux inhumés dans ce caveau ; et Roger Jehan (1887-1918) qui se marie en 1914 à Senlis dans l’Oise, avec Charlotte Joséphine Marie Thérèse Lyautey (1889-1977). Ce dernier, issu de la promotion de 1908 de l’Ecole polytechnique, effectue une rapide carrière militaire en terminant au grade de Lieutenant en 1912. Il est rappelé sous les drapeaux le 3 août 1914 au sein de l’aviation. Il occupera plusieurs postes comme observateur, commandant d’escadrille, capitaine TT (à Titre Temporaire), commandant de secteur aéronautique, et Capitaine TD (à Titre Définitif). Il décède à l’hôpital des suites de maladie contractée en service. Il est décoré de la Légion d’honneur et de la croix de guerre. Comme son cousin, Yves Marie Heurtel, son nom est répertorié sur plusieurs plaques commémoratives dont la cathédrale Saint Pierre à Saintes, le monument commémoratif de l’Ecole polytechnique, deux églises à Saint Brieuc etc. (liste non exhaustive).

La concession familiale se trouve dans un caveau semi-enterré de facture plutôt sobre, situé le long du mur Nord, qui regroupe beaucoup de belles chapelles. La sobriété du monument contraste avec l’engagement militaire des générations qui s’y retrouvent, et de leurs faits d’armes héroïques pour le pays.

Maud Gradaive

Sources : Roger Jehan Vittu de Kerraoul©memorialgenweb ; Heurtel Yves Marie©memorialgenweb ; Dictionnaire Biographique des Charentais, ouvrage collectif, Le Croît Vif, 2005 ; Rétronews : Indépendant de la Charente-Inférieure du 14/04/1920 : Avis de messe pour Yves-Marie Heurtel mort en 1916. Cathédrale St Pierre 1920 ; Base Leonore.culture.gouv.fr ; Base MemorialGenweb.org

La sépulture accueille au total 9 personnes. Pierre Hilaire Claviez (1804-1880) en est le concessionnaire principal avec son épouse Pauline Zélia Mathé (ou Mathaé) (1808-1881). Négociant en eau de vie, M. Claviez a également été adjoint du maire, nommé par le pouvoir impérial Jean-Dulcissime Vacherie en 1865.

Sont également inhumés dans cette concession leurs filles, Louise Pauline épouse Fontant (1831-1867) décédée à l’âge de 36 ans, et Marguerite Gabrielle Amarillis (1832-1906) avec son époux André Ernest Bréjon, docteur en médecine (1827-1867).

Leur petite fille Marie Anne Valérie Bréjon (1858-1931) et son époux Louis Paul Gaston Gerain (1851-1925), percepteur, ainsi que leur fille Marguerite Gerain (1884-1888), décédée à l’âge de 4 ans, sont aussi présents. Enfin, la domestique de la famille, Rose Delbeix (1803-1879), célibataire, décédée à l’âge de 74 ans, trouve sa place dans cet enclos. Sa stèle présente par ailleurs un hommage à sa fidélité et son sens du service.

Outre une famille très présente sur le plan économique et politique de la cité, cette concession familiale a la particularité de conserver plusieurs modèles de stèles présents sur les catalogues des différents marbriers du pays. Le nom du concessionnaire principal, et de son épouse, est gravé dans un cartouche accroché directement au mur. Leurs stèles sont placées au centre sur un socle commun, et présentent une forme plate à fronton triangulaire au style néo-gothique discret, surmontées de petites croix. La stèle de Pauline Claviez accueille l’épitaphe dédiée à leur fille Pauline tandis que de part et d’autre, Gabrielle et son époux, le docteur Bréjon, sont inhumés sous des sarcophages pleins qui présentent les épitaphes gravées sur les flancs. Le souvenir de la trop jeune Marguerite Gerain est figuré par cette petite colonne tronquée, symbolisant la vie fauchée très tôt, et par un angelot ailé sculpté sur le fronton semi circulaire du socle. La domestique est honorée d’une stèle plutôt commune reprenant les modèles romains, surmontée d’une croix aujourd’hui tombée. Enfin, les époux Gerain, décédés plus tardivement en 1925 et 1931, trouvent place sur le côté opposé, avec une stèle plus massive et carrée, coiffée d’une très imposante croix en pierre reflétant le style de l’entre-deux-guerres.

Maud Gradaive

Militaires :

Marie Anne Bernardeau de la Briandière (1759-1840), fille de Louis Philippe Bernardeau (1722-1786), chevalier et seigneur de la Briandière, de Lauron (commune de Montpellier-de-Médillan) et du Chantreau (commune de Pessines), et de Charlotte du Bullion de Montlouet (1731-1799), épouse en 1789, à Montpellier-de-Médillan, Jacques Léonard Müller (1749-1824), originaire de Moselle. Ce dernier consacre l’essentiel de sa vie à la carrière militaire. Fils d’un chirurgien major, il gravit rapidement tous les échelons grâce à son mérite. En 1792, il est lieutenant-colonel au premier bataillon de France, colonel puis général de division en 1793, et enfin général en chef à l’armée du Rhin en 1799. Commandant de divisions des armées du roi et inspecteur général d’infanterie en 1802, il est fait chevalier de Saint Louis et du mérite militaire, commandeur de la légion d’honneur en 1804. Nommé baron de l’empire en 1810, sous la dénomination de Gâterat, il prend sa retraite en 1814 et se retire définitivement à Saintes dans sa maison de la rue du Général Sarrail. Son nom est gravé sous l’Arc de Triomphe – Colonne 33 – Müller. 

En dehors de ses fonctions militaires, le baron Müller est un précurseur dans le domaine de la santé. Il n’hésite pas, en pleine polémique autour du vaccin contre la variole, à faire vacciner sa fille Léa et la femme de chambre de Madame Müller, à Saintes, en juin 1801. Il est nommé membre du conseil municipal de Saintes en 1804 et en 1816 par le préfet.

De son mariage vont naître deux filles : Louise Gabrielle Müller (1790-1850), qui se marie en 1807 à Saintes avec Marie Côme Ferdinand Carré de Saint Gemme (1785-1867). Il est sous-préfet de Niort en 1813, de La Rochelle, de Jonzac et de Loudun de 1821 à 1830, chevalier de la légion d’honneur. Ils ont 3 enfants ; Et Angélique Zélie Müller (1795-1848), qui épouse, à Saintes, en 1821, Jean Baptiste Victor Laborde Lassalle (1783-1853), capitaine de frégate, commandant du port de Bordeaux, chevalier de l’ordre de Saint Louis et de la légion d’honneur en 1825. Le couple se séparera de façon amiable assez rapidement, lui part vivre à Bordeaux. La révolution de 1830 met fin à sa carrière de marin. Il se retire pour finir sa vie dans les Landes. Il naît de ce mariage Marie Léonard Eugène de Laborde Lassalle (1822-1873), qui se marie en 1853 à La Roche-sur-Yon avec Marie Henriette Louise Boscal de Réals de Mornac (1826-1899). Elle meurt rue du Général Sarrail, dans la maison acquise par le Baron Müller. Les obsèques se déroulent à l’église Saint-Vivien le 19 mars 1873. Elle finança les verrières de cette église. 

Sur cette concession, il y a une petite stèle, un peu à l’écart dans le coin, avec la mention « ici repose le corps de Claire Massiou (1804-1866). Priez dieu pour elle », de son vivant célibataire. Elle pouvait être la femme de chambre de Madame Marie Henriette Louise Laborde Lassalle. A cette époque, elle n’a pas, particulièrement, de vie à elle, les travaux l’accaparant toute la journée. Madame Laborde Lassalle est une chrétienne convaincue, elle consacre sa vie au service de l’église de son quartier et des pauvres. Ce geste envers sa domestique est une marque de reconnaissance, un geste symbolique fort montrant que la famille la considère comme l’une des leurs. La sépulture s’organise autour d’un sarcophage central en pierre, dont les flancs sont ornés de l’épitaphe du défunt, encadré de deux monuments latéraux massifs aux volumes imposants. Ces éléments verticaux, traités comme de véritables architectures miniatures, sont soulignés par de larges moulures, corniches, les gravures se sont effacées par le passage du temps. L’enclos en ferronnerie vient structurer l’espace et affirmer le caractère privé et familial de la concession.

Monique Caillaud

Sources :
J.d’Olce, Revue de la Saintonge et de l’Aunis, Imprimerie Graphique de l’Ouest, 1904, page 309-321
Dictionnaire historique et généalogique  des familles du Poitou, Tome 1,Imprimerie Oudin et Cie (Poitiers) page 476,
Société des archives historiques et de Saintonge et de l’Aunis,1888, page 61-62,
Société des archives historiques de la Saintes et de l’Aunis, nécrologies, 1899, pages 160-161
Baron Eschassériau, Études, documents et extraits relatifs à la ville de Saintes, imprimerie P Orliaguet Paris 1876, page 91
Beauchet-Filleau, Dictionnaire historique et généalogique  des familles du Poitou, Tome 2, imprimerie Oudin et Cie (Poitiers) 1895, page 126
De Laborde Lassale A. -Monographie, Une famille de la Chalosse, 1723-1852 ; imprimerie Séverin Serres (Saint Sever sur Adour) 1902, page 269-272,
https://archinoe.com/v2/ad17

La sépulture de la famille Dumas-Arden réunit plusieurs générations marquées par les carrières juridiques et militaires, illustrant un fort engagement au service de l’État du XIXe au XXe siècle.

Lucien Dumas (1828-1919), né au Gua, exerce la profession de notaire. Il exerce d’abord à Montils, puis à Cozes en 1858, avant d’être nommé suppléant du juge de paix du canton. Il épouse en 1854 à Saintes Marie Lacroix, dite Lovely (1832-1921). Le couple a une fille unique, Marie Justine Gabrielle Dumas (1854-1945).

CA Arden en 1932 – Photo © Thierry le Breton

Celle-ci se marie en 1873 à Cozes avec Émile Guément (1849-1886), licencié en droit et notaire. Il succède à son beau-père à l’étude notariale de Cozes en 1875, puis en tant que suppléant au juge de paix du canton en 1881, avant de disparaître prématurément à l’âge de 36 ans. Veuve, Gabrielle Dumas se retire à Saintes, où elle acquiert en 1887 une maison sur le cours National.

De leur union naît Marguerite Guément (1874-1966), qui épouse en 1894 Jules Émilien Jean Paillet (1858-1949), officier de marine. Entré dans la Marine en 1874, celui-ci mène une brillante carrière navale, commande notamment le cuirassé Jauréguiberry et le 2e régiment de fusiliers marins durant la Première Guerre mondiale. Officier puis commandeur de la Légion d’honneur, il termine sa carrière à la direction des mouvements du port de Toulon et finit sa vie à Saintes. Leur fille unique, Marie Gabrielle Emilienne Marguerite Paillet (1896-1991), épouse en 1922 Joseph Marie Henri Arden (1899-2000). Officier de marine, en 1920, il est second du sous-marin “Henri Fournier”. Il obtient son brevet d’officier torpilleur et son brevet d’aptitude à la conduite sous-marine. Il est nommé capitaine de vaisseau en 1944, commandeur de la Légion d’Honneur, et du Mérite Maritime. Sur terre, il est adjoint au Major général de la Marine, Membre de la Commission des phares. Il accède au rang de contre-amiral en 1955. Il s’éteint à Royan dans sa 102ème année  

Monique Caillaud

Sources : Indépendant de la Charente Inférieure du 13/10/1858 Indépendant de la Charente Inférieure 6/9/1862
Indépendant de la Charente Inférieure 15/1/1875
Indépendant de la Charente Inférieure du 04/6/1881
Indépendant de la Charente Inférieure du 16/4/1887

www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr ; memorialgenweb.org ; https://archinoe.com/v2/ad17/conscrit_nominal ; https://archinoe.com/v2/ad17
https://parcoursdeviesdanslaroyale.fr ; https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr

Les Morts pour la France :

Emile Henri Renis (1848-1919), ajusteur, est originaire de Montauban. Il épouse en secondes noces en 1885 Adèle Murat (1858-1937) sans profession, également originaire de Montauban mais installée à Saintes. Il déménage donc, et s’installe dans notre ville comme serrurier. Le couple a trois enfants présents dans la concession familiale : Angèle Louise (1885-1890) décédée à l’âge de 5 ans, Adrien Gabriel (1888-1890) décédé à l’âge de 2 ans, et Charles Louis (1898-1918) décédé à l’âge de 19 ans.

Charles Louis Renis est appelé sous les drapeaux comme mécanicien-ferblantier au sein de la 18ème escadrille de l’armée de l’air. Blessé au combat, il périt lors du bombardement dans la nuit du 16 au 17 juin 1918 de l’hôpital militaire complémentaire dans lequel il est soigné, à Ognon dans l’Oise.

Cette sépulture est représentative de la mode de la fin du XIXème siècle. Des familles modestes souhaitent un écrin durable pour leur repos éternel sans avoir les moyens financiers de payer une chapelle en pierre de taille. La démocratisation du métal (matériau travaillé par M. Renis) et du verre, permet alors à beaucoup de familles de protéger les tombes et venir s’y recueillir à l’abri des intempéries.

Maud Gradaive

Sources :  Etat civil (actes de naissances, décès, mariages), Archives Départementales 17. Rétronews : l’écho de Rive de Giers du 13/02/1927 (création du mémorial) p 3/6. Rétronews : La liberté du 18/11/1926 (cérémonie militaire à Ognon) p : 3/6. archinoe.com & memorialgenweb.org 

La sépulture familiale Corbinaud rassemble plusieurs générations de cultivateurs établis au lieu-dit La Conseille, à Saintes, derrière la prairie de Courbiac. Louis Corbinaud (1809-1888), cultivateur, épouse en 1850 Madeleine Rondeau (1818-1881), originaire de Berneuil. Le couple s’installe à La Conseille. Ils n’auront qu’un fils,  Louis Corbinaud (1851-1926), qui reprend l’activité de la ferme. Ce dernier épouse en 1875 Marie Eléonore Judet (1857-1918). 

De cette union naît Louis Henri Corbinaud (1878-1917). Il fait son service dans le Bataillon de Chasseurs à Pied de 1899 à 1902. Il est mobilisé en 1914, d’abord intégré au 167ème Régiment d’Infanterie Territorial. Il est blessé une première fois aux testicules et au genou en août 1915, au Bois le Guêtre, en Meurthe et Moselle. Il reprend du service dans les Régiments d’Infanterie, puis rejoint le 115ème Régiment Territorial de l’Armée d’Orient en mai 1917. Il meurt le 9 juillet de cette même année, des suites d’une maladie contractée en service à Salonique, en Grèce. Il est inhumé au cimetière militaire de Zeitenlik en Grèce (tombe n°3857) et reçoit la mention « Mort pour la France ».

La lignée s’éteint en 1926 avec la mort de son père, Louis Corbinaud. Sans héritier, il lègue par testament son exploitation agricole, fruit de trois générations de labeur. 

Monique Caillaud

Sources : archives départementale de la Charente Maritime/tables de successions
www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr ; https://archinoe.com/v2/ad17/conscrit_nominal ; https://archinoe.com/v2/ad17

La sépulture de la famille Barot porte la mémoire de plusieurs soldats qui se sont battus lors des deux conflits mondiaux du XXe siècle, trois d’entre eux sont Morts pour la France.

Né à Royan en 1878, Georges Antoine Barot s’engage en 1898 en rejoignant le régiment des sapeurs-pompiers de Paris. Sergent, il réside à la caserne de Château-Landon où il épouse en 1906, Aline Jeanne Marie Lecocq. À la mobilisation de 1914, il est promu sous-lieutenant au 226ᵉ régiment d’infanterie. Engagé dans les combats meurtriers de l’Artois, il est tué à l’ennemi le 28 septembre 1915 à Givenchy-en-Gohelle (Pas-de-Calais) et sera reconnu Mort pour la France. Son père Gaston Constant Barrot (1850-1924) menuisier de profession, il a été bénévolement capitaine des sapeurs-pompiers  de Saintes jusqu’en 1910, fait chevalier de la légion d’honneur pour sa carrière et son mérite en 1905, siégeant dans de nombreuses institutions.

Né à Saintes en 1892, Louis Étienne Barot appartient à la génération sacrifiée du début de la Grande Guerre. Après avoir débuté une carrière de quincaillier dans les Alpes-Maritimes, il choisit de s’engager dans l’armée en 1913. Affecté au 11ᵉ bataillon de chasseurs à pied, il participe aux opérations du Maroc occidental, lors de campagnes coloniales françaises.

Au déclenchement de la guerre de 1914, il est versé au 14ᵉ bataillon de chasseurs à pied et envoyé sur le front de la Somme. Le 1ᵉʳ octobre 1914, lors des combats de Maucourt, il est porté disparu, puis déclaré tué à l’ennemi. Il recevra alors la médaille coloniale avec agrafe et la mention Mort pour la France. Son décès illustre la violence extrême des premiers mois du conflit.

Né en 1924 à Boulogne-Billancourt, Jacques Jean Louis Barot est étudiant lorsqu’il s’engage en septembre 1944 dans la lutte pour la libération du territoire de Belfort, en rejoignant le 2ᵉ bataillon de Choc, une unité composée en grande partie de jeunes volontaires issus de la Sorbonne et du lycée Janson de Sailly à Paris. Inspecté par le général de Gaulle le 13 novembre 1944, il est engagé dès le 26 novembre pour sa première mission : libérer Masevaux. Le 29 novembre 1944, Jacques meurt de ses blessures à Giromagny à l’âge de vingt ans. Il est le troisième Mort pour la France de cette sépulture. Son père Louis Frédéric Barot (1890-1940), interprète de profession, a vécu à Milan en Italie. Installé ensuite à Sosnowiec, en Pologne, il se trouve empêché de circuler et de rejoindre l’armée française. Il n’est rapatrié qu’en juin 1918, puis sert sous les drapeaux de novembre 1918 à mars 1919. Il s’installe à Saintes avec son frère Jean Gaston. Après le décès de celui-ci en 1921, il se marie à Paris avec Andrée Lamberton, part s’installer en Brême, avant de revenir sur Paris à partir de 1924.

Un autre membre de la famille s’est illustré, le dessinateur en joaillerie Henri Gaston Barot (1881-1965). Incorporé pour son service militaire au 14ème bataillon de chasseurs alpins, il est appelé sous les drapeaux en 1914 au 44ème régiment d’infanterie. Blessé le 20 octobre 1914 à Sacy (Aisne), il est reconnu inapte à l’infanterie et affecté, en septembre 1915, au 2ème groupe d’aviation. Il y gravit les échelons, accédant en 1918 au commandement de la 43ème section de photo aérienne. Promu sous-lieutenant, il est décoré de la Croix de Guerre et de la légion d’honneur pour la valeur des renseignements fournis au commandement, issus notamment de ses missions en Artois et devant Verdun. Démobilisé en 1919, il reste dans l’armée de réserve avec un grade de capitaine. Il perd son épouse en 1923, et attend 1940 pour se remarier avec Madeleine Flourens (1885-1947) à Vaux-sur-Mer. 

Les sapeurs-pompiers en Saintes en 1897 – Photo © AD17

Le fronton est imposant. Il attire le regard par son décor sculpté, une couronne centrale, symbole de mémoire et de pérennité. L’architecture est sobre mais soignée, caractéristique des tombes de la fin du XIXᵉ et l’atmosphère générale évoque le silence, la mémoire et le passage du temps.

Monique Caillaud

Sources : Base Rhin-et-danube.fr/wordpress/?p=915 ;  www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr ; https://archinoe.com/v2/ad17/conscrit_nominal ; https://archinoe.com/v2/ad17 ; https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr ; 

Administration :

Georges Paul Inquinbert (1829-1909) suit des études de droit et prête serment en novembre 1852. Il est élu bâtonnier de l’ordre des avocats de Saintes en 1868 et 1869. Son cabinet est situé au 73 Cours National. Il se marie en 1855 à Saintes avec Jeanne Taillasson (1830-1914). Le couple va avoir trois enfants. Leur fils Jean Marie Charles (1855-1927) s’installe au 79 Cours  National. Célibataire, il vit de ses rentes.
Leur fille Marie Jeanne Julia Inquinbert (1860-1932) se marie en 1883 à Saintes avec Albert Bouyer (1848-1917) né à Saint-Jean-d’Angély. Il est receveur de l’enregistrement et des domaines à Fontenay-le-Comte puis à La Rochelle. En 1909, Albert est secrétaire de l’Association des commerçants de Saintes. Le premier enfant du mariage, Madeleine Bouyer (1884-1920), se marie en 1908 à La Rochelle avec Maurice Serre (1879-1916), celui-ci est receveur des domaines, mais aussi sergent de réserve.

En 1910, le couple part s’installer à Paris au 54 rue Notre Dame. Maurice est appelé sous les drapeaux en 1914 pour incorporer le 121ème régiment d’infanterie. Il est malheureusement tué le 5 mars 1916 à Saint-Hilaire-le-Grand (Marne) par un obus alors qu’il effectuait le ravitaillement en munitions des troupes de 1ère ligne. Madeleine Bouyer décède à Paris mais est inhumée à Saintes dans la concession de ses grands-parents. Elle laisse leur fille Yvonne orpheline. La seconde fille du couple, Marguerite Bouyer (1888-1979) épouse en 1914 à La Rochelle Charles Jules Gabriel Inquinbert (1884-1972), il s’agit de son cousin. Originaire de Cognac, il travaille à Paris comme chef de division à la Société Générale. Sans enfant, ils élèvent Yvonne, leur nièce.

Monique Caillaud

Sources : Ordre des avocats au barreau de Saintes
L’Indépendant de la Charente-Inférieure du 23 janvier 1909 page 2/4
www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr ;
https://archinoe.com/v2/ad17/conscrit_nominal ; https://archinoe.com/v2/ad17

Deux blocs parallèles et similaires sont légèrement inclinés vers l’est : ce sont les sépultures de Charles Compagnon de Thézac (1806-1884) et de Louise Balby de Vernon (1826-1909). Tous les deux appartiennent à d’anciennes familles nobles, l’une de Saintonge, l’autre du pays de Foix. Charles Compagnon de Thézac commence à Paris sa carrière à l’administration de l’enregistrement. Il gravit les échelons et parcourt l’est de la France, alors devenu directeur de l’enregistrement et des domaines. C’est à Alby qu’il rencontre son épouse, Louise Clotilde Joséphine de Balby de Vernon. Ils partent vivre à Orléans où Charles se voit décerné la médaille de chevalier de la Légion d’Honneur pour ses 42 ans de services. Il revient peu après, en 1868, à Saintes, dans la maison paternelle qui accueille de nombreux objets d’art et archéologiques, située rue des Ballets, la future maison de Charles Dangibeaud. Il devient administrateur de la Société des archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis. Il s’éteint paisiblement en 1884 dans son domicile, à 80 ans. Louis Audiat prononce un discours à son enterrement. Louise Clotilde Joséphine de Balby de Vernon meurt en 1909 rue Reverseaux à 84 ans.

Ils ont eu un fils, Marie Jacques Léon Emile Compagnon de Thézac, dit Jacques de Thézac, né à Orléans en 1862. Comme ses parents, il est philanthrope et conjugue son altruisme avec sa passion pour le milieu marin en portant une attention aux marins et à leurs familles. Il fonde l’Œuvre des Abris du Marin qui existe encore aujourd’hui.

Juliette Biche

Sources : Bulletin de la Société des archives historiques de la Saintonge et d’Aunis, 1887, p. 237. Les Abris du Marin, consulté le 21/12/2025, https://lesabrisdumarin.fr/ ADCM : actes de naissance, mariage, décès. Base léonore

Le Radeau de la Méduse, tableau peint par Géricault, est connu du plus grand nombre. Le naufrage de ce navire a laissé 15 survivants sur un radeau de fortune, dont Alexandre Griffon du Belay (1788-1862). Il avait embarqué sur la frégate La Méduse en tant que secrétaire de Schmaltz, gouverneur du Sénégal.

Le cimetière de Saint-Vivien a compté jusqu’en septembre 2025 la sépulture du premier fils de ce survivant : Jean Baptiste Henri Melchior Griffon du Bellay (1819-1886) né trois ans après le naufrage. Au retour du périple qui devait emmener les 400 passagers au Sénégal, Alexandre Griffon du Belay se marie avec Claire de Nesmond (1788-1859), née sur l’île de la Martinique. De ce mariage, naît en premier Melchior Griffon du Belay. Ce dernier habite à Saint-Denis-du-Pin certainement après son mariage en 1844 avec Louise Scolastique Verneuil (1817-1887) native de ce village. Il est employé aux douanes, puis inspecteur et receveur des douanes jusqu’à sa retraite. Avec Louise, ils ont quatre enfants, dont deux seulement dépassent la majorité. Armand (1846-1882) suit les pas de son père en étant commis à la direction des douanes. Il est emporté par la fièvre typhoïde quelques années après son mariage. Quant à sa sœur Sidonie (1848-1922), elle devient religieuse au couvent de la Providence à Saintes. Après avoir demeuré un temps à Taillebourg, Melchior Griffon du Belay vient vivre à Saintes en 1883 mais meurt d’une « longue et douloureuse maladie » (Echo Rochelais 30/06/1883), il s’éteint deux mois plus tard à l’hospice civile de Saintes. Sa femme meurt également à Saintes, dans sa maison située esplanade du capitole. Tous les deux inhumés dans cette sépulture.

Juliette Biche

Sources : Guiga, N. et Portelli, A. (2023) . Les récits du radeau de la méduse : l’histoire d’une situation extrême au prisme des violences et des sorties de guerre. Napoleonica. La Revue, N° 46(2), p. 139-172. https://shs.cairn.info/revue-napoleonica-la-revue-2023-2-page-139?lang=fr
L’Indépendant de la Charente-Inférieure, 30 juin 1883, p. 3/4
L’Écho rochelais, 30 juin 1883, p. 2/4
ADCM : actes de naissance, mariage et décès

Imprimeurs et typographes :

Léon Hus (1836-1886) est le fils d’Henriette Jeanne Lagorce et de Martin Alexandre Hus, qui appartient à une lignée d’imprimeurs saintais ayant exercé dans cette ville du XVIIIème au début du XXème siècle. Il crée en 1862 le journal Le Courrier des deux Charentes, de tendance cléricale et royaliste dénommé ensuite Le Moniteur de Saintes ; il fait paraître aussi le Grand Almanach de Saintes qui renferme chaque année de nombreuses informations sur les services, les commerces et l’artisanat implantés dans la cité.

Grand Almanach de Saintes 1876 (coll. Médiathèques Saintes)

Léon Hus travaille à l’imprimerie, rue Saint-Michel, comme chef d’atelier et devient copropriétaire de l’entreprise avec ses frères Alexandre et Prosper, après le décès de leur père en 1866 et le partage des biens de la famille en 1868. Il se marie en 1884, à Saintes, avec Marie Antoinette Bouchet (1844-1904), née à Marans, fille d’un gendarme de marine, dont la veuve, née Elisabeth Torel, exerce le métier de débitante de tabac à Saintes. Mais le couple entre Léon et sa femme ne dure que quelques mois : ce dernier meurt de phtisie (tuberculose pulmonaire) à son domicile rue Saint-Pierre. Sa femme décède à Paris, vingt ans plus tard.

Le Moniteur de Saintes du 28-06-1885 (coll. Médiathèques Saintes)

Ces deux concessions, dont l’une des stèles est ornée d’une guirlande de fleurs sculptées, contiennent, outre le couple Hus, les dépouilles de Pélagie et de Catherine Phelippot, sœurs célibataires habitant rue Saint-Eutrope, décédées en 1877 et 1885, âgées respectivement de 73 et de 82 ans.

Frédéric Morin

Sources : état-civil (AD 17 en ligne), dénombrements de la population de 1851 (AD 17 en ligne) et de 1872 (Archives municipales de Saintes 1F 1), Grand Almanach de Saintes (médiathèque de Saintes), acte notarié du contrat de mariage entre Léon Hus et Marie Antoinette Bouchet le 21.12.1884 (AD 17 3E 94/188), obsèques de Léon Hus dans Le Moniteur de Saintes du 21 et du 25.03.1886 (médiathèque de Saintes). 

Jean Eugène Cantin (1836-1885) est originaire de Luçon où son père travaille comme maçon. Après des études de médecine, il s’installe à Champigny-le-Sec (Vienne) et se marie en 1871 à Saintes avec Anne Marie Coralie Hus (frère de Léon, voir notice carré 1-341/342), née en 1845 et fille de l’imprimeur Martin Alexandre Hus.

Devenu professeur au collège de Saint-Jean-d’Angély, ville où il réside, il meurt à Saintes, rue Saint-Pierre, probablement dans la maison familiale des Hus. De nombreuses années plus tard, sa femme, décédée en 1922 à La Riche (Indre-et-Loire), rejoint son mari dans leur concession. Leur fils, Jean, né à Champigny -le-Sec en 1873, est alors rédacteur au journal La Dépêche du Centre et de l’Ouest, à Tours.

Frédéric Morin

Sources : état-civil (AD 17, 37, 85 et 86, tous en ligne), acte notarié du contrat de  mariage (AD 17 3E 94/154) et Le Moniteur de Saintes du 16.04.1885 (médiathèque de Saintes). 

Fils d’un instituteur, Pierre Bourdet naît en 1840 dans les Deux-Sèvres (Coutières). Poêlier, il se marie en 1866 à Saintes avec Augustine Roy, qui voit le jour dans cette ville en 1846, orpheline de père et fille d’une débitante de vins lors de cette union. Le couple réside dans le quartier Saint-Pierre et a trois enfants : Louis Félix (1867-1887) et Alphonse Félix (1871-1938), tous deux typographes qui travaillent dans une imprimerie saintaise avant que l’aîné parte à Poitiers, et Marie Louise Eugénie (1873-?), couturière, qui se marie en 1892 avec un sapeur du 6e Régiment d’infanterie en garnison à Saintes, Eugène Emile Félix Pageault.

Cette sépulture contient le corps d’une tante maternelle de ces trois enfants, Clémentine Louise Roy (1843-1890), ainsi que ceux des deux frères, Louis et Alphonse. Ce dernier pourrait être à l’origine de l’épigraphe gravée de différentes typographies honorant la mémoire de son cadet et qui fait la spécificité de la stèle.

Frédéric Morin

Sources : état-civil (AD 17 en ligne) et dénombrements de la population de 1872 (Archives municipales de Saintes 1 F1) et 1896 (AD 17 en ligne).

Artistes :

Fils d’un traducteur juré (expert judiciaire), devenu greffier au tribunal civil de Strasbourg, Jules César Charles Alexandre Heitz (1819-1882) voit le jour à Woerth, en Alsace. Imprimeur-lithographe, il se marie en 1846 avec Anna Georgina Canier (1826-1887) à Châteauroux, où naît leur fille, Marie, un an plus tard. La famille s’établit à Paris, puis à Saintes. En 1856, Charles Heitz achète l’établissement de l’imprimeur Jean Alfred Ligarde, son brevet, son matériel et son achalandage, situé Grand-Rue (actuelle rue Victor-Hugo). Les Heitz vivent non loin, rue Eschasseriaux (aujourd’hui rue Alsace-Lorraine). Leur commerce semble alors prospère, car Charles cherche en 1866 à recruter un « élève écrivain dessinateur lithographe » ainsi qu’un « apprenti imprimeur lithographe ».

Lithographie de Ch. Heitz, Croquis saintongeais de B. Gautier (coll. Médiathèques Saintes carton_O-68)

En octobre 1867, il fait passer un encart publicitaire, dans le journal L’Indépendant de la Charente-Inférieure, pour vendre dans son magasin un système « à copier des lettres sans presse » qui vient de recevoir une médaille d’honneur de bronze lors de l’Exposition universelle de Paris. 

Lithographie de Ch. Heitz d’un parchemin Réédification Notre-Dame de L’Isle (Recueil n°5 1878-1881)

Mais, le 9 novembre 1870, alors que la France est en guerre contre la Prusse, la consonance de son nom l’amène à être arrêté comme espion à la gare de Saintes et conduit à la mairie ; une mésaventure qu’il fait savoir à L’Indépendant par une lettre, publiée le 12 novembre dans ce journal. Il demande et obtient d’ailleurs la naturalisation française en 1872. En 1875, Heitz transfère son atelier et son magasin de papeterie et de fournitures de bureau, rue Alsace-Lorraine. Son talent est reconnu par la Commission des Arts et Monuments historiques de la Charente-Inférieure qui le nomme membre correspondant en 1881. Plusieurs de ses lithographies (Monument romain des Arènes près Thénac d’après une photographie du major Gaucherel, Cuve baptismale de Saint-Eutrope, fac-similé d’un parchemin sur l’édification de Notre-Dame de l’Isle à Saint-Léger en Pons…) paraissent dans le Recueil de cette Commission. Il réalise aussi des lithographies pour le célèbre dessinateur humoristique saintongeais Barthélemy Gautier.

Frédéric Morin

Sources : Etat-civil (AD 17, 36 et 67 tous en ligne), dénombrement de la population de 1872 (archives municipales de Saintes), Bulletin des lois n°227, 1872, p. 4260 et 4261 (BNF, Gallica en ligne), L’Indépendant de la Charente-Inférieure du 24.03.1866, du 31.10.1867, du 12.11.1870, du 22.06.1875 (médiathèque de Saintes), lithographies de dessins de B. Gautier (médiathèque de Saintes, carton O – CAR), illustration de différents articles du Recueil de la Commission des arts et monuments historiques de la Charente-Inférieure (SahCM), comme dans : BOURRICAUD A. – Fonts baptismaux de St-Eutrope de Saintes, Recueil n°5, 1880, p. 204-208, TILLY H. de, VALLEE E. – Excursion archéologique du 19 mai 1881, Recueil n°5, 1880, p. 279-294, FELLMANN A. abbé – Les cuves baptismales de Brives-sur-Charente et de Saint-Eugène,Recueil n°6,1883, p. 29-33.

Gaston Ollivier (1867-1937) est un peintre actif dès la fin du XIXᵉ siècle. Né à Saint-Just-Luzac, il débute dans les années 1890 comme illustrateur et graveur avant d’exécuter ses premières peintures à l’huile. En 1892, il épouse Marie Eugénie Garlopeau, tailleuse, avec qui il aura deux enfants. La famille réside rue Notre Dame à Saintes (aujourd’hui rue du Général Sarrail), tout prêt de l’atelier de l’artiste, situé sur la rue de la Boule. Attaché à sa terre natale, Ollivier est la définition du peintre régionaliste.

Aquarelle de l’amphithéâtre de Saintes, Gaston Ollivier, Musée de la Ville de Saintes

Il a su représenter les habitants et les monuments de sa Saintonge, mais aussi les paysages, s’inscrivant dans la tradition saintongeaise héritière de Courbet et Auguin. Il a été professeur de dessin, officier d’académie. Son style est à la fois académique et moderne pour son époque, n’hésitant pas à mettre des inflexions Art Nouveau. Il pratique l’aquarelle avec talent et ses affiches des fêtes arènes de Saintes, qu’il a illustrées dès leur création en 1904, ont marqué leur époque.

Les œuvres de l’artiste sont aujourd’hui exposées aux musées de l’Echevinage et Dupuy-Mestreau. Gaston disparaît en 1937 dans sa soixante-dixième année, sa veuve Marie décède en 1940. Leur sépulture est typique de l’entre-deux-guerres, avec son style Art déco.

Romain Charrier

Source : Gaston Ollivier, un artiste saintais, Cédric Grené, Bulletin de Mediolanvm Vol.2, p.29 à 35, 2023

Les sœurs Magné sont une véritable fratrie féminine, toutes les trois célibataires et enseignantes. Elles habitaient ensemble au numéro 35, de la rue Pallu de la Barrière, jusqu’à leur déménagement en 1926 au 2, quai de Verdun, dans un “vieil et original hôtel” (L’Indépendant de la Charente-Inférieure, 28 déc. 1929). Des annonces communes, parues dans L’Indépendant de la Charente-Inférieure, proposent les cours de « Mesdemoiselles Magné [qui] se tiendront à la disposition des parents, 35 rue Pallu de la Barrière, pour l’inscription des enfants jusqu’au 31 août et du 1er au 15 octobre 1915 ». 

L’ainée Marguerite Magné (1852-1942) était professeure et organiste, elle donnait des cours de solfège et de piano. 

Henriette Magné (1853-1935), est quant à elle professeure de dessin et de peinture, artiste peintre qui a participé à une exposition de l’Union des femmes peintres et sculpteurs au Grand Palais à Paris en 1905 (Indépendant de la Char.-Inf. 04/05/1905), reconnue pour son talent. Elle a exposé dans différentes boutiques de Saintes.

Enfin, la cadette Marthe Magné (1856-1938) enseigne le français et les langues étrangères. Sa nécrologie précise qu’elle « enseigna longtemps l’anglais au Collège de jeunes filles de Saintes et appartenait à une vieille famille saintaise bien connue et entourée de la sympathie de tous » (Ind. Char.-Inf 28/12/1938).

Leur père Alexis-Eutrope Magné était marchand confiseur, et leur mère Sophie Falour-Magné, professeure de musique (Ind. Char.-Inf 01/07/1876). Elle a chanté en 1852 lors d’une grande fête musicale au théâtre de Saintes (L’Indépendant de la Charente-Inférieure, 12/05/1852), et a joué en 1861 lors d’un concert au théâtre en tant qu’organiste, en duo avec le pianiste Raphäel Billema (L’Indépendant de la Charente-Inférieure, juin 1861).

Illustration extraite de l’Indépendant de la Charente-Inférieure, 16 juil. 1904

La famille est liée aux Massiou-Magné, la sœur d’Alexis-Eutrope Magné a épousé Justin Massiou, devenu un célèbre négociant saintais d’eaux-de-vie, la maison J. Massiou-Magné.

Le caveau est dédié aux trois sœurs. Des mentions à Alexis Magné et Sophie Falour sont faites sur l’autel portant la croix, mais les parents n’y sont pas inhumés.

Romain Charrier

Sources : Etat civil (actes de naissances, de décès), Archives Départementales 17 ; Presse locale de 1852 à 1938.

La sépulture lie deux amis de jeunesse qui deviendront beaux-frères. Mariés chacun à une fille d’Honoré Terrier, boulanger à Saintes, Auguste Dasque et Jacques Régulus avaient une passion commune : la musique. D’un côté, Auguste Dasque, né à Vic-en-Bigorre mais saintais dès son plus jeune âge, est horloger avec son père, et de l’autre, Jacques Régulus, habitant des Landes, fabrique des sabots dans l’atelier de son père. Entre 1860 et 1867, Auguste Dasque et Jacques Régulus réalisent leur service militaire et leur chemin se croise. Au service, Jacques apprend et pratique la musique militaire. De retour dans son village natal, il fonde fanfares et sociétés orphéoniques. Quant à Auguste, il se marie en 1868 avec Léa Terrier et s’investit dans la musique : professeur de musique au collège de Saintes pendant 35 ans, jury aux Grandes fêtes musicale de Saintes en 1897, mais aussi compositeur d’une quinzaine d’œuvres au moins. Avec son père, il tenait une boutique installée d’abord rue porte aiguière, puis Cours National où ils vendaient et réparaient des instruments de musique, éditaient et conseillaient des partitions. Le père et le fils se sont indiqués également luthier, alliant leur expertise de tournage sur bois et en bijouterie. Un rare exemplaire d’un flageolet estampillé « Dasque Saintes » datant de la fin du 19e siècle a été vendu aux enchères en 2019.

Dasque, A., (1876) Fleur de mai, Bibliothèque Nationale de France ADCM : actes de naissance, mariage, décès

De son côté, Jacques Régulus vient rendre visite à son ami du service militaire et fait la connaissance d’Emma Terrier, la belle-sœur d’Auguste, et se marie avec elle en 1872. Jacques Régulus rejoint le Conseil municipal et œuvre pour ses concitoyens, recevant la médaille de Chevalier du mérite agricole. Il devient vice-président de la 442e section des Vétérans des armées de terre et de mer, ayant lui-même commandé une compagnie lors de la guerre de 1870. La devise de ces sections était : « Oublier… jamais ! »

Auguste Dasque s’éteint en 1899 d’une maladie du cœur. Son ami et beau-frère Jacques Régulus succombe à une longue maladie dix ans plus tard. Son parcours et dévouement pour sa ville et la mémoire des soldats lui valent la présence lors de son enterrement d’un sénateur et maire, Mr Genet, d’un député et d’un sous-préfet.

Juliette Biche

Sources : Touroude, J.D.,Flageolet Napoléon III estampillé Dasque à Saintes, https://rp-archivesmusiquefacteurs.blogspot.com/2020/06/flageolet-napoleon-iii-estampille.html
L’Indépendant de la Charente-Inférieure, 2 oct. 1909, p. 2/4
Bulletin de la Société des Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis 1876-1879, p58

Médecine :

Enfant naturel né à Angoulême, Gabriel Chodelin (1841-1892), devenu dentiste, est reconnu le 5 mai 1867 par Catherine Pipéroux, veuve et remariée avec le fondeur angoumoisin Joseph Lhuilier. Elle demande que son fils prenne le nom de Chodelin-Pipéroux, ce même jour où il se marie à Saint-Jean-d’Angély avec Rose Adeline Demédy, fille également d’un dentiste de la ville. Le couple a un premier enfant, Marie Louis Gabrielle, le 3 juillet 1868, puis un garçon, Alexis, le 5 mai 1871 à Saujon, où son père s’est installé comme « mécanicien-dentiste ». En 1881, la famille déménage à Saintes. Le cabinet dentaire se trouve d’abord près de l’hôtel de ville (actuelle rue Georges-Clemenceau), ensuite cours National (où décède Alexis, en 1890, enterré dans cette concession), et enfin rue Alsace-Lorraine à partir de 1891. Au décès de Gabriel Pipéroux, sa femme, elle-aussi dentiste, continue à tenir le cabinet, aidée d’un opérateur de Paris, l’américain G. Montanari-Walton.

Frédéric Morin

Publicité dans L’Indépendant de la Charente Inférieure du 05-04-1881

Sources : état-civil (AD 16 et 17, tous en ligne), actes notariés de reconnaissance et du contrat de mariage (AD 17 3E 57/516), L’Indépendant de la Charente-Inférieure du 05.04.1881 et du 01.01.1891, Le Rappel charentais du 03.08.1894 (médiathèque de Saintes) et prospectus sur le cabinet dentaire (médiathèque de Saintes fonds Dangibeaud Ms 950/13).

Son grand-père écrivain et maître de pension, et son père professeur en mathématiques, Léon Joseph Théodore Termonia (1825-1901) se dirige quant à lui vers la médecine. En 1852, après ses études de médecine à l’Hôpital militaire d’Instruction de Strasbourg, il rejoint l’armée. Il est envoyé à Sébastopol lors de la guerre de Crimée. Il reçoit la croix de chevalier de la légion d’honneur en 1856 et celle d’officier en 1880. Il participe à huit campagnes militaires : en Orient, en Italie, en Afrique et contre l’Allemagne. Pour ces services rendus, il reçoit la médaille de sa Majesté la Reine d’Angleterre et la médaille d’Italie. Après avoir longtemps résidé à La Rochelle, il s’installe à Saintes pour sa retraite, tout en restant médecin major de 1ère classe dans l’armée active à partir de 1883. Passionné de botanique, il effectue des voyages d’exploration dans la région saintongeaise pour découvrir de nouvelles plantes ou espèces animales et s’implique dans la Société des sciences naturelles de Charente-Inférieure. Il est également membre du bureau de la Société des Archives historiques de Saintonge et d’Aunis.

Sa sœur, Marie Adélaïde Cécile Léontie Termonia (1823-1890), se marie avec Charles François Elie Febvre, propriétaire et originaire de Niort. De leur union, naît à Niort, Jules Charles Febvre, qui se marie avec Marie Pignon à Paris. Il meurt à Nantes en 1938, mais est enterré à Saintes avec son épouse, dans la même sépulture que ses parents et son oncle Léon Termonia.

Monique Caillaud

Sources : Base Léonore : https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr
Revue de la Saintonge et de l’Aunis tome XX 1901 p 371-373
Le Courrier de la Rochelle, 10 juil. 1892, p. 2/4
ADCM : actes de naissance, mariage, décès
Le Phare de la Loire, 6 mars 1938 p4/10

Gustave Joseph Monsnereau (1844-1882) est natif de Neuville (Haute-Vienne), fils de Grégoire Joseph Monsnereau, receveur des contributions indirectes, et de Suzanne Delphine Arnaud. Issu d’une famille aisée et instruite, il entreprend des études de médecine et devient docteur à Saintes.

En 1871, à Rochefort, il épouse Marie Élisabeth Amélie Masseau (1846-1875), native de cette même ville, fille de négociant. Leur union est célébrée en présence de notables — un préposé en chef de l’octroi, un lieutenant de vaisseau, un négociant et un banquier chevalier de la Légion d’honneur — témoignant du rang social des deux familles. De ce mariage naît Joseph Ernest Monsnereau. Elle meurt prématurément le 8 décembre 1875, à l’âge de 29 ans.

Veuf, Gustave Joseph se remarie avec Louise Claire Émilie Pommier. De cette seconde union naît René Jean Monsnereau, le 4 juin 1880, mais l’enfant meurt à l’âge d’un an, le 3 août 1881. Moins d’un an plus tard, Gustave Joseph Monsnereau disparaît à son tour, le 25 novembre 1882, à son domicile du 26 rue de l’Hôtel-de-Ville à Saintes, « dans sa 38ème année ». Son monument funéraire, où reposent également son jeune fils René Jean, est signé Bernard St.

Maud Gradaive

Commerçants, artisans, entrepreneurs, employés :

L’instituteur communal né à Saint-Césaire, Victor Bellot (1834-1912) se marie en 1867 avec Marie Christine Veillon (1837-1874) à Dompierre-sur-Charente, où le couple s’installe. Leur enfant meurt en bas âge et Marie Christine s’éteint en 1874. En 1872, Victor achète l’immeuble situé au 32 de la rue Victor Hugo à Saintes, local notamment occupé par l’imprimerie du journal Le Peuple. Devenu propriétaire-négociant, il se remarie en 1885 à Chérac avec Marie Cécile Bouhier. De cette union naît, en 1886, Samuel Paul Victor Léon Guy Bellot (1886-1964), fils unique du couple. La famille réside alors à Chaniers. Après le décès de Victor Bellot, sa femme et leur fils s’installent au 85, cours Lemercier à Saintes. 

Le style de cette façade est typiquement néoclassique. L’entrée est protégée par une élégante grille en ferronnerie, l’encadrement de la porte est orné d’oves sculptés, entouré par des pilastres supportant un entablement sobre, le tout surmonté d’un fronton triangulaire bordé par deux acrotères et couronné d’une croix latine. Le cœur du fronton est richement sculpté de rinceaux et d’un motif central comportant l’initiale du nom de la famille. 

Monique Caillaud

Sources : Bulletin de la Société des archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis, 1910 ;  https://archinoe.com/v2/ad17

Jean Théodore Berguin (1834-1891) est originaire de Pons. Vivant à Paris où il travaille comme pâtissier, il épouse en 1862 une employée de magasin, Agathe Aurore Ducrot (1840-1896), née à Taingy dans l’Yonne. De retour en Saintonge, il devient tailleur et marchand de confections (complets pour hommes, pardessus, vestons, pantalons, vêtements d’enfants…). Son magasin, dénommé « A la redingote grise », est situé rue Alsace-Lorraine, à l’angle nord de la rue du Rempart. Quelques jours après son décès, se déroule en novembre 1891 une vente au rabais des marchandises présentes dans le commerce, puis une vente aux enchères, en avril 1892, pour cause de cessation de l’activité. Le mois suivant, la maison et le magasin sont à louer. Aurore Berguin réside cours National jusqu’à sa mort. Le couple est inhumé dans une concession qui conserve, en 2025, son entourage en grille. 

Publicité La Redingote grise (coll. Médiathèque Saintes Ms 950-53)

Leur fille Marie Elisabeth Mathilde, née en 1867, se marie en 1889 avec Alphonse Gay, bien connu et influent à Saintes, propriétaire et directeur du journal républicainL’Indépendant de la Charente-Inférieure de 1875 à son décès en 1919. Mathilde, qui participe à plusieurs sociétés de bienfaisance de la ville, comme l’Oeuvre des nourrissons, décède en 1933 à Mirambeau dont son fils, Roger Charrier, est conseiller général et maire.  

Frédéric Morin

Sources : état-civil (AD 17 en ligne), dénombrement de la population de 1872 (Archives municipales de Saintes 1F 1),L’Indépendant de la Charente-Inférieure (médiathèque de Saintes) du 31.10.1867 et du 03. 07.1890 pour des encarts publicitaires du magasin, du 03.11.1891 pour les obsèques de Jean Théodore Berguin, du 10.11.1891, du 24.03.1892 et du 03.05.1892 pour la vente des marchandises et du fonds du commerce, du 28.04.1896 pour les obsèques de sa femme, volume de l’Enregistrement (bureau de Saintes) le 01.04.1892 pour la mutation par décès de Jean Théodore Berguin (AD 17 3Q 15086), acte notarié du 03.10.1889 pour le mariage de Mathilde Berguin (AD 17 3E 26/931).

Jean Edmond Boilevin (1847-1925), fils de François, rentier, ancien négociant, et de Marie Poutignac, voit le jour à Angoulême. Négociant lui aussi, il se marie en 1869 à Roullet, près d’Angoulême, avec Anne Gabrielle Chabaneau, née à Nontron où son père était huissier avant de vivre comme rentier à Périgueux. Le couple s’installe peu de temps après à Saintes où il obtient en 1876, en échange d’une grande maison d’Angoulême, un corps d’immeubles appartenant à son beau-frère Paul Nicolas Boucheron, marié à Catherine Boilevin. Composé à l’origine de quatre constructions distinctes, à l’angle occidental des rues Victor-Hugo et Saint-Michel, cet ensemble comprend un magasin de nouveautés, fondé en 1836 et tenu ensuite par une société entre Boucheron et Jean François Xavier Beausoleil, jusqu’à sa liquidation et partage en 1873. Dans son commerce, Edmond Boilevin vend des corbeilles de mariage, des trousseaux et layettes, des soieries, des étoffes pour les robes, des vêtements sur mesure pour hommes et enfants, des draperies pour l’ameublement, du linge de table… De nombreux encarts publicitaires dans les journaux saintais, dans le Grand Almanach de Saintes ou dans des chromos donnés à ses clients, vantent ces « Grands magasins de nouveautés Les plus vastes des Charentes », leur accès en « entrée libre », leurs marchandises « marquées en chiffres connus », échangées ou remboursées à la demande, la présence d’un coupeur au rayon draperie ainsi qu’un vendeur au comptoir des chemises. Prospère, semble-t-il, ce commerce s’agrandit en 1889. Dans les années 1890, Boilevin fait aussi de la réclame pour le journal La Mode (gravures, textes, feuilletons, concours primés de jeux…), « gazette régionale de la famille » bimensuelle, dirigée par Caroline Bersac, déclinée sur plusieurs éditions et qu’il édite. 

Edmond Boilevin adhère à l’Association française pour l’avancement des sciences pour laquelle, à l’occasion du congrès de Rouen en 1883, il fait paraître une brochure : Sur le recouvrement postal des effets de commerce. Juge au tribunal de commerce de Saintes, notable, il est élu conseiller municipal entre 1884 et 1892.

Dans l’ordre de gauche à droite : Publicités de 1885 & et de 1897 (coll. Média. Saintes Ms_950-12 & 232_MAR), et Chromo (coll. privée)

Son couple a une fille, Marie Irma en 1870, et deux garçons, Nicolas Paul Emile né en 1874, Paul en 1878 qui devient médecin à La Rochelle où il se marie en 1911 avec Marie Louise Godichet, libraire. 

En 1894, Marie Irma prend pour époux Daniel Charles Amédée Cornet, né à Saint-Jean-d’Angély en 1868 et fils d’un commis greffier à Saintes. Daniel Cornet a fait ses études à Bordeaux, voyagé en Russie, en Turquie, avant de s’établir comme médecin à Marennes en 1892, où il est délégué du conseil départemental de l’Instruction publique pour les écoles du canton. Leur enfant, Madeleine, naît en 1894, puis la famille s’installe à Saintes en 1900, dans l’actuelle rue des Jacobins. Médecin pour les Chemins de fer de l’État et légiste, Cornet travaille à l’hôpital de la ville. Ses idées progressistes l’amènent à s’engager comme mutualiste, membre de la Ligue des droits de l’Homme, de la Libre Pensée et franc-maçon de la loge saintaise La Sincérité.  

Au fil des années, Edmond Boilevin perd la plupart des membres de sa famille. Son fils aîné Nicolas Paul Emile décède précocement en 1876, son gendre en 1908, sa fille Irma en 1913, son fils cadet en 1914 à Clavette, sa petite-fille Madeleine en 1916 et sa femme en 1918, 12 rue Saint-Maur, lieu de leur résidence. A l’exception de son fils cadet, tous sont morts et inhumés à Saintes dans cette concession. En 1920, il vend son magasin, la clientèle et l’achalandage, avec le droit aux acquéreurs Mallet (demeurant à Royan) de se dire successeurs. Cinq ans plus tard, il rejoint ses proches dans la tombe.

Frédéric Morin

Sources : état-civil (AD 16, 17 et 24, tous en ligne), Grand Almanach de Saintes (médiathèque de Saintes) notamment en 1890 pour l’agrandissement du magasin et en 1895 pour la publicité en faveur du journal La Mode, L’Indépendant de la Charente-Inférieure des 02 et 05. 04.1881 (médiathèque de Saintes) pour deux exemples des encarts publicitaires en faveur de ce magasin,  Bibliographie – Bulletin de la Société des archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis, 5, 1885, p.157 (SahCM), à propos de la brochure d’E. Boilevin sur le recouvrement postal des effets de commerce publiée par l’imprimerie Chaix en 1884, L’Indépendant de la Charente-Inférieure du 12.05.1920 (médiathèque de Saintes) et registre des  Hypothèques (bureau de Saintes) pour la vente par E. Boilevin de son corps d’immeubles avec le fonds de commerce (AD 17 4Q 6 2093 transcriptions), registre de l’Enregistrement (bureau de Saintes) pour la mutation par décès d’E. Boilevin (AD 17 3Q 15 167), registre matricule militaire (AD 17 en ligne) de Daniel Cornet, acte notarié du contrat de mariage entre D. Cornet et Marie Irma Boilevin (AD 17 3E 26/936), L’Indépendant de la Charente-Inférieure du 09.07.1908 (médiathèque de Saintes) pour les obsèques civiles de D. Cornet, registre de l’Enregistrement (bureau de Saintes) pour la mutation par décès de D. Cornet

Francesco Agullo (1825-1884) est originaire du village de Moncortès, en Espagne, dans la province catalane de Lleida. Fils d’un cultivateur, il émigre en France et s’installe à Saintes où il se marie, en 1864, avec Elisabeth Emilie Augé (1838-1891), orpheline de père d’un marchand de bois, puis maître au cabotage à La Rochelle. Leur premier enfant, Auguste Albert Gaston, décède à l’âge de 4 mois en 1865 ; leur fille, Eustelle Léonie Maria, naît en 1866. Francesco Agullo, épicier, fabricant et marchand de chocolat, réside avec sa famille dans une maison de la rue Saint-Michel, achetée en 1875 et proche de la place Saint-Pierre.

Publicité Agullo dans L’Indépendant de la Charente-Inférieure du 21-12-1872

En 1883, sa fille épouse Louis Nicaise Roig, catalan comme lui, né à Calaceite, dans la province de Teruel. Ces derniers reprennent le négoce et le logement. Les parents Agullo s’établissent en location dans une maison et un commerce rues Berthonnière et de l’Aubarrée, spécialisé dans les vins en gros et disposant d’un chai quai des Roches. A la mort de Francesco Agullo, sa veuve aide ses enfants dans l’épicerie de la rue Saint-Michel : un article du Moniteur de Saintes du 26 décembre 1886 y souligne les « excellents chocolats pralinés, à la crème », ainsi que « les vins fins d’Espagne, des oranges exquises, mandarines… ».

Frédéric Morin

Sources : état-civil (AD 17 en ligne), L’Indépendant de la Charente-Inférieure du 26.12.1872 (médiathèque de Saintes), Le Moniteur de Saintes du 26.12.1886 (médiathèque de Saintes), actes notariés pour l’achat de la maison rue Saint-Michel (AD 17 3E 94/165), l’inventaire des biens de F. Agullo ainsi que ceux en communauté lors de son décès (AD 17 3E 94/187), et pour le contrat de mariage de sa fille (AD 17 3E 94/185), volume de l’Enregistrement (bureau de Saintes) pour la mutation par décès de F. Agullo (AD 17 3Q 15074).

C’est en Lozère que Louis Léon Sirvin (1830-1877), maréchal ferrant, épouse Irma Ortance Roumejon (1837-1909) en 1858. De cette union vont naître deux enfants : Louise Irma Sirvin (1861-1862) et Louis Georges Sirvin (1862-?). Ce dernier, employé aux chemins de fer de l’Etat, se marie à Saintes en 1886 avec Seguin Elisabeth (1857-1937) tailleuse, née à Saintes. De cette union naît Lina Louise Georgette qui meurt à l’âge de 14 ans en 1902 au domicile de ses parents au  7, Porte Saint Louis. Le couple n’aura pas d’autre enfant. En 1911, le Tribunal civil de Saintes prononce la séparation de corps des époux Sirvin-Seguin aux torts du mari. Irma Ortance Roumejon meurt en 1909. Seguin Elisabeth meurt en 1937 au 5 place du Synode. 

De style néo-gothique, cette chapelle funéraire se distingue par une façade-pignon animée par des décors de feuillages et surmontée d’une croix latine. Le fronton est percé par une ouverture quadrilobée éclairant l’intérieur. Le portail d’entrée supporte un arc brisé mouluré, souligné par des décors floraux sculptés, entourant une plaque gravée.

Monique Caillaud

Sources : Indépendant de la Charente Inférieure du 7 mars  1912 – L’appel au peuple de la Charente, le 27 novembre 1937 – https://archinoe.com/v2/ad17

Pierre Dannepont (1751-1833), né à Chaniers, se marie avec Magdelaine Robert (1773-1853), dont le père est charpentier de gabarre. Gabarier de profession, Pierre est affecté au port de Chauveau qui est un point d’embarquement pour le transport des bois, blé, farines à destination du port de Rochefort, sous le contrôle de la municipalité de Chaniers. Mais il est aussi un point de passage entre trois communes : Chaniers, Saint-Sever (notamment le lieu-dit de Beillant) et Courcoury. Son fils Michel Dannepont (1799-1860) se marie en 1828 à Saintes avec Françoise Péraud (1796-1876). Il perpétue le métier au port de Saintes après avoir effectué 5 ans de service obligatoire dans la marine royale.

Le couple aura trois enfants : Jacques Dannepont (1831-1891), célibataire, dernier gabarier de la famille (le 23 décembre 1879 il obtient par adjudication le passage d’eau de Saintes) ; Adélaïde Dannepont (1832-1879), lingère, qui se marie en 1871 avec Prou François (1823-1879), gendarme retraité, chevalier de la légion d’honneur ; et Hélène Dannepont (1830-1909) qui se marie en 1862 à Joseph Servais, raffineur de crème de tartre, né à Périgueux. Aussitôt le mariage célébré, ils déclarent qu’il est issu de leur union un garçon né à Saintes le 19 juin 1861, Michel Raoul Dannepont que les mariés reconnaissent et légitiment.

Monique Caillaud

Sources : L’Indépendant de la Charente Inférieure du 23 décembre 1879 page 3/4 ; https://archinoe.com/v2/ad17

Le 1er mai 1872 se marie au Mexique à Monterrey, Félix François Taguel ingénieur mécanicien, âgé de 50 ans et Melle Elisa Sivial (1833-1898), âgée de 39 ans, tous deux saintais d’origine.

L’intervention française au Mexique, sous Napoléon III, prétexte à la protection des créances européennes, se transforma vite en projet politique : établir sur le trône mexicain un souverain proche de la France, l’empereur Maximilien d’Autriche. Entre 1862 et 1867, plus de 35 000 soldats français  sont envoyés, et des civils se joignent à eux. Parmi ces civils venus avec ou après les troupes impériales figurent des hommes comme Félix François Taguel, ingénieur mécanicien, dont la formation le destine aux chantiers d’entretien du matériel, aux ateliers de chemin de fer et aux usines de machines à vapeur. 

Après la chute de Maximilien en 1867, de nombreux techniciens français demeurent sur place, employés par les compagnies ou les réseaux ferroviaires du nord du Mexique, notamment autour de Monterrey, région en plein essor industriel. François Félix Taguel et Elisa Sivial se marient en 1872 avant de rentrer en France à Saintes. François Félix Taguel meurt en 1877 au 70 Cours Reverseaux âgé de 55 ans, Elisa Sivial meurt en 1898 rue Grand Font âgée de 65 ans. 

La sépulture se présente sous la forme d’un sarcophage en calcaire taillé, l’ensemble repose directement sur le sol, la tête du monument est légèrement évasée, évoquant la silhouette d’un cercueil de pierre. La dalle supérieure, taillée dans un bloc unique, est biseautée sur ses bords pour marquer un encadrement, avec une nervure centrale saillante qui sépare deux pans inclinés. Le travail du tailleur de pierre est sobre et précis. La partie supérieure, aujourd’hui brisée, devait à l’origine supporter la croix en pierre, formant ainsi la partie spirituelle du monument.

Monique Caillaud

Sources : BOURDEILLE C.- L’intervention française au Mexique (1862-1867), Editions du Cerf 2019, https://archinoe.com/v2/ad17

C’est en 1867, année de décès de son père Jean Baptiste Dumas (1812-1867), que Pierre Alexandre Dumas « fils » (1837-1883), entrepreneur en bâtiment et travaux publics comme son père, achète une double concession dans le carré 6. Acteur majeur du développement urbain, Pierre Alexandre Dumas « fils » participe notamment à la construction du marché couvert de Saintes en 1868, dont il réalise la charpente métallique, des halles type Baltard, sous la direction de l’architecte municipal Victor Fontorbe. La famille Dumas intervient également dans de nombreux chantiers : voirie, routes, halles de Pont-l’Abbé-d’Arnoult, école de Rétaud et autres constructions privées.

Son oncle, Pierre Alexandre Dumas « l’aîné » (1818-1892), tailleur de pierres, fait construire, en 1862, la remarquable maison située à l’angle du quai Palissy et de la rue de l’Aubarrée, dont la façade de style néo-roman est richement sculptée, avec ses arcs en plein cintre, arcatures aveugles, colonnettes et chapiteaux fleuris, un ensemble qui constitue une véritable vitrine du savoir-faire de l’entrepreneur. Il y réside avec sa famille jusqu’en 1896.

La lignée se poursuit avec Marie Eustelle Dumas (1849-1934), fille de Pierre Alexandre Dumas « l’aîné », mariée en 1873 à Jean-Baptiste Marchat (1849-1906), entrepreneur originaire de la Creuse. Installé à Saint-Jean-d’Angély, ce dernier poursuit une carrière importante dans les travaux publics, participant notamment en 1904 aux travaux de terrassement et de voirie d’un pont métallique ferroviaire traversant le fleuve Charente entre Chaniers et Saint-Sever-de-Saintonge.

Leur descendance comprend deux fils :
– Pierre Jean-Baptiste Alexandre Marchat (1875-1928), docteur en médecine ;
– Joseph Jean Marie Georges Marchat (1878-1955), chirurgien-dentiste, diplômé de la faculté de Paris, installé à Saint-Jean-d’Angély dès 1903.

Le caveau familial Dumas-Marchat abrite également un hôte inattendu : Raphaël Billema, professeur et compositeur de musique, figure reconnue sur la scène artistique internationale, des États-Unis aux salons parisiens. Il meurt à l’âge de 53 ans à son domicile du Cours National. (Un article dédié sera proposé ultérieurement)

Monique Caillaud & Romain Charrier

Sources :
L’indépendant de la Charente Inférieure 13/3/1862
L’indépendant de la Charente Inférieure 23/04/1885
L’indépendant de la Charente Inférieure 03/05/1904
L’Union Nationale  du 18/1/1903 page 3/4
L’Union Nationale du 2/4/1903
FETIS FJ., Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, 1881, p 90-91
https://archinoe.com/v2/ad17

La sépulture est celle de Jean-Victor Plaute-dit-Lebrun 1839-1881, menuisier, marié à Malvina Guillebaut. La famille Plaute-dit-Lebrun est implantée à Saintes depuis la fin du XVIIIᵉ siècle. Elle trouve son origine dans la figure de son grand-père, Pierre Plaute-dit-Lebrun, né vers 1741 à Agen, militaire vétéran et pensionné. Celui-ci s’installe à Saintes où il épouse Catherine Renaud, avec qui il aura cinq enfants. C’est l’un de leur fils, Charles Plaute-dit-Lebrun qui donnera naissance à Jean-Victor, parmi une importante descendance que lui donnera son épouse Angélique Juliety, une véritable lignée saintongeaise d’artisans avec des tailleurs de pierre, peintres en bâtiment et menuisiers qui se succèdent à travers les générations.

La concession est composée d’une stèle sculptée ornée d’une couronne enrubannée tenue par deux mains, un symbole d’immortalité, de lien indéfectible et une idée de communion pour un hommage éternel.

Monique Caillaud

Sources : Etat civil (actes de naissances, décès, mariages), Archives Départementales 17

Louis Rétaud (1824-1887) est originaire de Saintes. Tailleur de pierre comme son père, il épouse en 1849 Suzanne Lusseaud, fille de carrier, née en 1829 et qui exerce le métier de tailleuse. Du couple sont issus deux enfants : Marie Marguerite en 1850 et Camille Coralie en 1858. Cette dernière se marie en 1880 avec Marie Joseph Albert Méchin, typographe chez Hus avant d’exercer le métier de comptable pour cet imprimeur (médaille d’honneur du travail en 1907), puis pour la Caisse d’épargne. Sur son acte de décès, Louis Rétaud est inscrit comme entrepreneur, domicilié rue Saint-Eutrope. L’épitaphe sur sa tombe rappelle, avant l’heure, le style Art déco.

Frédéric Morin

Sources : état-civil (AD 17 en ligne), dénombrements de la population de 1851 (AD 17 en ligne) et de 1872 (archives municipales de Saintes 1F 1), acte notarié du contrat de mariage avec Albert Méchin (AD 17 3E 94/178).

Cette sépulture est occupée par le couple formé entre François et Jeanne Tillon. François Claude Tillon (1814-1890) est né à Quédillac (Ille-et-Vilaine). Menuisier et domicilié à Saintes depuis 5 ans, il se marie en 1848 avec une tailleuse, Jeanne Héraud (1824-1888), fille de Jean, un carrier saintais. Cinq enfants naissent, semble-t-il, de leur union :  Maria Julie en 1856, François Claude en 1860 et Louis Henri en 1862, auxquels s’ajoutent Jeanne en 1849 et François Charles Jules en 1850 décédés en bas âge.    

La sépulture de la famille Tillon est signée H. Lamarre. Henry Eugène Lamarre (1862-1903) est un entrepreneur saintais de travaux publics, dont le père exerce le métier de tailleur de pierre, mais aussi d’entrepreneur de bâtisses. Henry reprend l’entreprise de Pierre Alexandre Dumas, lorsque ce dernier meurt en 1883. En 1888, Lamarre épouse l’une de ses filles, Gabrielle Marie Augustine, âgée de 17 ans. 

Tillon et Lamarre, tous deux travaillant dans les métiers du bâtiment, qui plus est habitant non loin l’un de l’autre, le premier rue du Champ-de-foire (actuelle place du 11 novembre), le second cours Reverseaux, doivent se connaître. Ainsi paraît-il logique que Tillon fasse appel  à Lamarre pour édifier en 1888 ce monument funéraire dédié à la mémoire de sa femme. 

Toutefois, Henry Lamarre n’est pas inscrit comme sculpteur ornemaniste dans la liste donnée alors par le Grand almanach de Saintes. A la fin du XIXᵉ siècle, quatre artisans seulement y sont répertoriés, notamment après la cessation d’activité, rue Saint-Eutrope, de Justin Michel Héraud en 1885 : Antoine “Emile” Raphaël dit Arnold jeune, rue Saint-Vivien (qui a été formé à Saintes par son père Camille Arnold, comme son frère Emmanuel Fernand avec lequel il s’est associé un temps), Louis Albert Bernard et Maurice Méchin bientôt aidé par son fils Henri, rue de la Boule, près du cimetière Saint-Vivien et enfin François Louis Gagnaire cours Reverseaux, à l’angle du cours Lemercier, auquel succède au début du XXᵉ siècle Antoine Philippe Mouledoux, rue de la Boule. Ces sculpteurs réalisent des monuments funéraires (pierre et marbre) pour les familles ; ils y apposent parfois leur signature, généralement sur les socles des stèles. Pourtant, ces chantiers ne suffisent pas toujours à les faire vivre. Au XIXᵉ siècle, ils obtiennent aussi des commandes pour décorer des façades de maisons (les frères Arnold pour une statue de Bernard Palissy lors de l’ouverture d’un café rue Berthonnière à Saintes). Mais c’est sur l’ornementation (autels, chaires à prêcher, fonts baptismaux…) des édifices religieux que leur talent s’apprécie et s’épanouit véritablement (les frères Arnold pour l’autel de la chapelle du Saint-Viatique à la cathédrale Saint-Pierre de Saintes, Justin Héraud pour le maître-autel d’Ecurat …). Dans l’entre-deux-guerres, le nombre des sculpteurs saintais, dont les plus connus se nomment Mouledoux et Méchin, diminue. En effet, la décoration des églises se raréfie, comme la construction des sépultures les plus monumentales telles les chapelles ; les familles choisissent plutôt des tombes plus modestes et sur catalogue qui demandent bien moins de travail pour les ateliers saintais.  

Gérard Godet, membre du Cercle généalogique de Saintonge, vient de faire paraître un livre Les ARNOLD sculpteurs saintais du XIXᵉ siècle, qui permet enfin de connaître l’étendue et la richesse de l’œuvre de cette famille d’ornemanistes. L’auteur prévoit de publier une étude sur Justin Héraud, dont il possède le cahier d’apprentissage et des dessins techniques. 

Annonce de M. Bernard dans L’Indépendant de la Charente-Inférieure le 05-04-1881

Le travail d’inventaire et de conservation des sépultures saintaises, commencé par notre association, doit également mettre en valeur le rôle économique et artistique de ces sculpteurs. 

Nous envisageons ainsi, suite à nos recherches archivistiques, à écrire différents articles biographiques les concernant, lors de prochains Bulletins.

Frédéric Morin

Sources :
Pour la famille Tillon, état-civil (AD 17 en ligne) et dénombrements de la population de 1851 (AD 17 en ligne) et 1872 (Archives municipales de Saintes 1F 1). Pour les sculpteurs, état-civil (AD 17 en ligne), dénombrements de la population de 1872 (Archives municipales de Saintes), 1896 et 1901 (AD 17 en ligne), Grand almanach de Saintes (1845-1924) et L’Indépendant de la Charente-Inférieure du 05.04.1881 (médiathèque de Saintes), volumes de l’Enregistrement (bureau de Saintes) pour les mutations par décès, notamment le 3Q 15 116 pour Lamarre et ceux du 4Q 6 des Hypothèques (bureau de Saintes) pour les comptes des différents sculpteurs (ex : 4Q 6 71 répertoire, pour Lamare) et les copies de leurs actes notariés (AD 17 pour les deux séries 3 et 4Q). Sans oublier tous nos remerciements à Gérard Godet.

Faïenciers :

La faïencerie de Courbiac à Saintes est fondée en 1845 par Émile Villard, dirigée par un anglais, Georges Holland Jones. La production se caractérise par des pièces en faïence fine. En 1856, Villard & Jones vendent la faïencerie à Gaston Prévost, qui poursuit la production jusqu’à la fin du XIXe siècle. Nicolas Bourdageau (1817-1884), marié à Gros Marie en 1854, a exercé en tant que faïencier à l’atelier de Courbiac. Une céramique d’un bœuf couché, estampillée “Jones Saintes”, est passée aux enchères en décembre 2023 (Salorges enchères à Nantes), un rare témoin de la production sortie de cette faïencerie saintaise.

Romain Charrier

Bœuf couché estampillée “Jones Saintes”, enchères Salorges à Nantes décembre 2023

Sources : Ernest Labadie, Quelques notes d’état civil pour servir à l’histoire des faïenceries de la Saintonge et de l’Aunis, Imprimerie A. Picard, Paris, 1915 – Les faïenceries saintaises aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, Musée Dupuy-Mestreau, Lucile et Jacques Guérit, Saintes, 2011

Au XVIIIᵉ siècle, la ville de Saintes devient un foyer actif de la faïence du Sud-Ouest, avec une production à mi-chemin entre l’influence urbaine bordelaise et la tradition artisanale rurale de la Saintonge. A l’origine, la première faïencerie de Saintes est créée en 1731 aux Roches, près de la Charente, par Louis Sazerac et Jacques Crouzat. Une lignée de maîtres artisans s’y succède. Parmi eux, la famille Rougé, originaire de Montpellier, avec Louis Rougé (né en 1701) qui s’installe à Bordeaux où il fonde, vers 1767, une petite faïencerie dans le quartier Saint-Nicolas. Ses fils Jean-François (né en 1740) et Louis (né en 1743) poursuivent l’aventure familiale. Ils rejoignent Saintes vers 1765. Le plus jeune épouse la veuve Dury, apparentée à la famille Sazerac, et reprend en 1781 la direction de la manufacture des Roches.  

Les faïences Rougé s’inscrivent pleinement dans le style saintongeais : pâte fine, émail blanc légèrement bleuté, et décors inspirés des grandes manufactures de Rouen.

Peu d’œuvres sont aujourd’hui formellement signées « Rougé », mais les historiens de la céramique reconnaissent leur empreinte dans la production régionale du XVIIIᵉ et du début du XIXᵉ siècle. Leurs ateliers perpétuèrent pendant un demi-siècle la renommée des faïences saintaises, elle est réputée pour produire des faïences de meilleure qualité que ses concurrents locaux. Le site est racheté par la faïencerie Bodin en 1848, puis déclaré en faillite en 1862.

Pierre Ernest Rougé (1826-1893), peintre et vitrier, sépulture C1-219, est un probable descendant de Louis Rougé, le faïencier saintais.

Romain Charrier

Sources : Ernest Labadie, Quelques notes d’état civil pour servir à l’histoire des faïenceries de la Saintonge et de l’Aunis, Imprimerie A. Picard, Paris, 1915
Recueil sur la céramique saintongeaise, Notes sur la faïence de Saintes et de la Saintonge (auteur anonyme, XIXᵉ siècle).
Les faïenceries saintaises aux XVIIIe et XIXe siècles, Musée Dupuy-Mestreau, Lucile et Jacques Guérit, Saintes, 2011

Léon Christophe Magnan (1826-1873), né à Angoulême, se marie à l’Isle d’Espagnac en 1849 avec Marie Nouvellement (1829-1895), également Angoumoisine. Le couple s’installe à Saintes, au lieu-dit de Courbiac. Léon Christophe est tuilier. Les deux premiers enfants du couple meurent en bas âge. Leur père est alors faïencier à Courbiac. Seule leur fille Marguerite, femme de chambre, née à Angoulême en 1856, qui se marie en 1877 à Cognac avec Pierre Gabriel Pointreau, assure une descendance au couple. La croix présente sur cette sépulture est une en fer forgé, de grande taille et à structure ajourée. Son dessin associe la rigueur géométrique du cadre rectangulaire à des volutes décoratives caractéristiques de la ferronnerie de la fin du XIXème. Il faut noter une touche personnelle, un “M” intégré dans la figure du bas qui personnalise cette sépulture.

Monique Caillaud

Sources : https://archinoe.com/v2/ad17

Agriculteurs :

Pierre Daniaud (1857-1890), cultivateur au moulin de Préan à Saintes, se marie en 1882 avec Marie Berthelot. Un an plus tard naît leur premier fils, Pierre Daniaud “fils” (1883-1915). La vie pourrait être douce, mais le couple se déchire peu à peu. Le père meurt en 1890 ; son épouse est alors enceinte de leur deuxième enfant Gabriel (1891-1915). La succession de Pierre Dagnaud est très délicate car les enfants sont mineurs et leur mère est déchue de leur tutelle. La vente judiciaire des biens appartenant aux deux enfants se fait après décision du tribunal civil de Saintes : la maison d’habitation, des terres labourables, des vignes, des prés, des bois sont vendus.

Pierre Daniaud “fils” se marie à Bussac en 1905 avec Holinda Biron. Bien que réformé du service national, il est appelé sur les drapeaux en 1914, affecté au 7ème régiment d’infanterie. Il meurt de maladie le 23 mai 1915 à l’hôpital de Saint Pol, Pas de Calais.
Quant à son frère Gabriel, il incorpore l’armée en 1912 dans le 34ème régiment d’infanterie. Il meurt le 21 juillet 1915 à Courville dans la Marne, avec la mention Mort pour la France.

Monique Caillaud

Sources : L’indépendant de la Charente Inférieure du 14 juillet 1892 – www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr ; https://archinoe.com/v2/ad17/conscrit_nominal https://archinoe.com/v2/ad17

Croix ou sépultures remarquables :

La sépulture a sans doute été achetée par Jean-Baptiste Rousseau vers 1889, lors de la perte de son fils cadet, Georges Jules Rousseau (1870-1889). Originaires des Rabannières, Jean-Baptiste Rousseau (1833-1904) et Justine Marguerite Richard (1844-1922) se marient en 1865 et partent vivre un peu plus au nord, au Terrier des Mouches. Deux ans plus tard nait Léon Alcide Rousseau (1867-1900). Il devient cultivateur comme son père. L’année de ses 20 ans, il s’engage volontairement pour 5 années à la mairie de Rochefort et rejoint les équipages de la flotte. Il fait le voyage de Saintes à Rochefort le 15 février 1888 et commence à apprendre le métier de marin. Dès juin 1888, il débute ses services à la mer en tant que canonnier auxiliaire sur le navire Bretagne, un vaisseau école en station à Brest. Il se spécialise au poste de canonnier auxiliaire sur le vaisseau école La Couronne jusqu’en juin 1889 où il obtient son brevet de canonnier. Basé à Toulon, le vaisseau effectue des entrainements de tirs autour des îles d’Hyères. Le croiseur Le Sané étant de retour à Rochefort après une guerre menée au royaume du Dahomey sur les côtes de l’actuel Bénin, Léon Alcide Rousseau monte à bord quelques jours en septembre 1890 pour participer aux essais, avant que le navire ne reparte dans l’Atlantique sud. Un autre croiseur de 3e classe en acier est mis à l’eau à Bordeaux en août 1889 et Léon Alcide participera également aux essais à Rochefort pendant près d’un an, jusqu’en 1891. Après quelques périodes d’exercices, il passe dans l’armée de terre en 1898, affecté dans l’artillerie à pied à Bayonne puis à Royan. Il se marie en 1897 avec Léontine Favre à Pont-l’Abbé-d’Arnoult où il s’éteindra trois ans plus tard en 1900, à l’âge de 32 ans.

Quant à son frère, Georges Jules Rousseau, il reste vivre auprès de ses parents étant donné que le fils aîné vogue près des côtes françaises. Ce dernier, de retour de Toulon, sera présent à l’enterrement de son frère en 1889.

Le père, Jean Baptiste Rousseau, meurt quelques années après son deuxième fils, en 1904. Les noms des parents et des deux fils sont inscrits sur la plaque et dans la pierre. La colonne brisée a été choisie pour symboliser et se souvenir de la disparition précoce de leurs deux enfants.

Juliette Biche

Sources : Vaisseau la Bretagne : Journal Le Soleil, 27/04/1878. Le Sané : Journal Le Phare des Charentes, 7/09/1890, Journal La Justice 3/10/1890, Journal La République Française, 9/07/1890. ADCM : actes de naissance, mariage, décès, matricule militaire

Cette sépulture est marquée par une imposante colonne cannelée, ornée d’un blason en forme de peltre, ornementé d’acanthes terminées en volute, sur lequel semblent sculptées deux pensées qui émergent d’une marguerite, nouées par un ruban. Dans l’art funéraire du XIXe siècle, l’association de ces fleurs forment un message de souvenir fidèle envers une âme pure et bonne, souvent aimée de tous.

La base de la colonne est baguée par une énigmatique mention « il était l’ami des pauvres ». Cet épitaphe est une formule honorifique qui signifierait que le défunt était un personnage charitable, bienveillant et généreux envers les démunis. Il témoigne d’un hommage moral et d’une reconnaissance de la communauté envers cet homme qui se serait distingué par sa bonté, plus que par son rang ou sa richesse.  Nous n’avons que peu d’informations sur la vie de François Croisier (1805-1865), sur ce qu’il a fait pour mériter cet honneur. Il était célibataire, fils de parents bourgeois et résidait à la Métairie de Madame. Son grand-père maternel était lieutenant de vaisseau et son arrière-grand-père capitaine de vaisseau et chevalier de l’ordre de Saint-Louis.

Romain Charrier

Sources : Etat civil AD17 en ligne

Au détour des nombreuses croix qui ornent les sépultures, l’une d’entre elles a attiré notre attention. Bien que la rouille ait marqué le temps passé, l’état de conservation, la finesse et les détails géométriques de la croix haute de 83 centimètres montée sur un quadrilatère pyramidal, nous ont aussi surpris que l’inscription située à la base de la croix en fer rouge : Barbezat et Cie.

A la mort du fondateur Jean-Pierre-Victor André (1790-1851), Gustave Barbezat (1818-1867) devient le directeur d’une fonderie d’art basée à Osne-le-Val qu’il renomme Barbezat et Cie en 1855 tout en s’appuyant sur la renommée héritée de son prédécesseur. En effet, Jean-Pierre-Victor André fait construire en 1836 à Osne-le-Val (Haute-Marne) l’usine avec un premier haut fourneau et lance la production d’objets en fonte visant à décorer ou donner une signification : une fonderie d’art ou d’ornement. C’est le début de l’apogée de la fonte de fer qui remplace le bronze, ouvrant la porte à de multiples formes et financièrement plus abordables. L’établissement se voit décerner plusieurs médailles comme marque d’un travail de qualité et participe à plusieurs Expositions universelles, Paris en 1855 et 1857 et Londres en 1862 notamment. L’établissement de fonderie va perdurer jusqu’en 1986, subissant le déclin de la fonte d’art après la première guerre mondiale au profit des monuments aux morts et par la suite des pièces mécaniques.

Plusieurs catalogues sont publiés et vendus pour 30 francs par l’établissement Barbezat et Cie. Celui publié en 1860 compte plus de 2600 modèles de moulures, allant des candélabres, des bancs, des cheminées, des fontaines aux statues, aussi bien profanes que religieux. Sur la planche n°169 de ce catalogue, sous le n°31 est dessiné la croix qui ornait jusqu’en septembre 2025 la sépulture de la famille Train-Gautron. La fonderie créait sans cesse de nouveaux modèles et faisait appel à des artistes sculpteurs tels que Mathurin Moreau, Albert Ernest Carrier-Belleuse ou James Pradier. Aujourd’hui encore, nous pouvons admirer ces œuvres qui se sont installées dans notre quotidien (prenons les exemples des fontaines Wallace, des entrées de métro Guimard à Paris, ou encore le monument aux Girondins à Bordeaux) et qui entrent dans les collections des musées.

Exposition publique des produits de l’industrie française, 1839, Tome 1, p383, Gallica. Barbezat et Cie, 1860, Catalogue, p159, Ville de Paris

D’après les dates d’existence de la fonderie au nom de Barbezat et Cie, la croix de la sépulture semble avoir été fabriquée entre 1855 et 1867. Cependant, la concession a été achetée en mai 1886 par Elisabeth Marie Adèle Train (1855-), pour son père et la famille Train-Gautron. Sa mère, Marie Louise Audouin, tailleuse de robe, est décédée alors qu’Elisabeth avait 19 ans, en 1869. A 31 ans, elle achète la concession. Son père, Etienne Train (1825-1903), était serrurier et forgeron jusque vers 1880, ce qui pourrait fonder le lien avec le choix d’une croix en fer, puis il devient mécanicien. Elisabeth devient couturière et se marie en 1878 avec Constant Gautron (1851-1913), originaire de Saint Soulle. Il sera chaudronnier puis sera employé aux Chemins de fer de l’Etat vers 1905. Leur fils unique sera d’abord horloger avant le service militaire puis, affecté aux Chemins de fer, il deviendra surveillant électricien aux Chemins de fer. D’après la mairie, aucune de ces personnes n’est inhumée dans cette sépulture.

Juliette Biche

Sources : Les Compagnons de l’histoire, (2008) Historique, http://compagnonshistoire.free.fr/pages/historique.html. La fonderie d’Art du Val d’Osne, consulté le 21/12/2025, https://www.marcmaison.fr/architectural-antiques-resources/fonderie-art-val-dosne-statue-fonte-fer-sculpture. Exposition publique des produits de l’industrie française, 1839, Tome 1, p383, Gallica. Barbezat et Cie, 1860, Catalogue, p159, Ville de Paris / Bibliothèque Forney. ADCM : actes de naissance, mariage, décès, matricule militaire

Jean Chailloux (1807-1883) Charpentier, puis aubergiste, épouse Marie Françoise Hurtault (1807-1883) sans profession en 1826. Ce couple modeste a trois enfants. Leur fils Louis Chailloux (1838-1893) épouse en secondes noces en 1879 Marie Sophie Thouret (1840-1907) et reste avec son épouse à Saintes près de ses parents. Naissent de ce couple trois petits enfants, tous décédés en bas-âge. L’originalité de cette tombe se trouve dans la stèle double formant un seul bloc. Une croix au centre a disparu aujourd’hui. L’attachement du couple se trouve ainsi figuré, les épitaphes font chacune référence à l’autre époux, nés la même année et décédés à 10 jours d’intervalle.

On note la mention de leur fils Louis sur le socle des stèles, qui vient se rajouter. L’orientation à l’Est de la sépulture, et donc tournant le dos à l’allée, montre un certain attachement à la foi catholique. Il paraît probable que la concession contienne également les restes mortuaires des 3 petits-enfants, sans que la mention n’en soit faite ni sur les registres ni sur la stèle. Il est encore fréquent à la fin du XIXème siècle de réduire ces restes mortuaires lorsque vient le tour des parents d’être inhumés.

Maud Gradaive

Les sépultures de Camille Chasseriaud (Carré 1-266/267) et de Marie Joseph Gabriel Bréjon de La Martinière (Carré 1-472) témoignent, par leur richesse symbolique et sculpturale, de la manière dont le XIXᵉ siècle exprimait le deuil d’enfants ou d’adolescents disparus prématurément.

Né à Saintes le 19 juin 1874, Camille Chasseriaud meurt à l’âge de treize ans en 1888. Il est le fils de Louise Chasseriaud, son père n’était pas déclaré lors de la naissance, mais il sera reconnu le 7 août 1874 par François Bernard, concierge. Sa tombe se distingue par une colonne tronquée, entourée de feuilles de vigne, symbole de renaissance et d’espérance. L’ensemble, finement sculpté de motifs floraux et végétaux, d’acrotères et d’une couronne enrubannée, surmonte une stèle portant l’épitaphe « Adieu mon fils chéri », gravé sur une plaque de marbre, conférant à cette sépulture une forte charge émotionnelle.

Marie Joseph Gabriel Bréjon de La Martinière (1865-1882) est quant à lui issu d’une ancienne famille de la noblesse saintongeaise, notamment à Montpellier de Médillan, où Samuel Alexandre Bréjon de La Martinière (1723-1799) a été le seigneur du Petit Lauron. Son descendant Auguste Napoléon dit Amédée Bréjon de La Martinière (1806-1881), va vivre au lieu-dit du Lauron. Ce dernier se marie en 1858 à Beurlay avec Marie Honorine Louise Du Boulet de la Broue (1828-1915), originaire de Tonnay-Charente. Le couple vit de ses rentes et aura plusieurs enfants, dont Marie Joseph Gabriel. Le jeune homme meurt à l’âge de seize ans à Saintes. Sa sépulture adopte également le motif de la colonne brisée, image de la rupture brutale de la vie terrestre. Ornée de lianes de vigne, dont les feuilles s’enroulent avec grâce autour de la pierre, cette sculpture s’inscrit dans la tradition néoclassique funéraire du XIXᵉ siècle, associant formes antiques et symboles chrétiens. La vigne, référence évangélique, exprime la foi en la vie éternelle malgré la mort précoce. Cette sépulture singulière laisse en suspens une interrogation : pourquoi cet enfant n’est-il pas inhumé dans l’un des caveaux familiaux, comme il est d’usage dans les lignées de notables saintongeais ? La présence d’un monument individuel pourrait traduire une circonstance particulière, le décès en dehors du foyer, une séparation familiale. 

Ces deux monuments, par l’usage commun de la colonne et de la vigne, illustrent une symbolique funéraire partagée, où la douleur de la perte se conjugue à l’espérance de résurrection. Ils constituent également de précieux témoignages de l’art funéraire et de l’attention portée à la mémoire des jeunes disparus, quelles que soient leur origine sociale ou familiale.

Maud Gradaive

Sources : CHARRON F. – Montpellier de Médillan : histoire et patrimoine d’un village saintongeais, Imprimerie Léonce Dupont, 1988
LABRUYERE J., Dictionnaire biographique des Charentais et de ceux qui ont illustré les Charentes, Editions le Croît vif, 2005. MASSIOU A.- Histoire de la Saintonge et de L’Aunis, P Couraye, 1836-1846 https://archinoe.com/v2/ad17

Jean Clovis Chagnaud (1823-1889) né à Aujac, exerce déjà sa profession de boulanger à Saintes à 24 ans. Il se marie en 1848 à Saintes avec Thérèse Victorine Boisnard (1828-1882), originaire du Gua. Ils s’installent au 2, rue de l’Aire à Saintes. Le premier enfant du couple Marie Victorine Chagnaud (1849-1915), se marie en 1876 avec Pierre Vigneaud (1837-1903), avoué, né à  Cognac. Le couple a trois enfants. En 1891, Pierre Vigneaud est nommé par décret, juge au Tribunal de première instance de Dinan. La famille va s’installer en Bretagne, mais après son décès en 1915, Marie Victorine Vigneaud est inhumée à Saintes avec ses parents.

La sépulture est entourée d’une clôture en fonte moulée, caractéristique des productions funéraires de la seconde moitié du XIXème siècle. Chaque barre de l’enclos est surmontée d’un fleuron en forme de fer de lance, rappelant la symbolique chrétienne de la protection et de la vigilance. La croix du portillon est à la fois un ornement symbolique et décoratif, placée sur le portillon d’entrée. Elle marque le seuil du repos éternel, frontière entre le monde des vivants et celui des morts.

Monique Caillaud

Source : Le Phare des Charentes du 5 juillet 1891 page 3
https://archinoe.com/v2/ad17

Catherine Baudin (1812-1892), couturière, se marie en 1841 avec Eugène Barthélémy (1811-1874), tailleur d’habits, né de parents inconnus, trouvé dans la boîte de dépôt de l’hospice. Ils ont une fille, Radegonde Barthélémy (1842-1914) qui épouse en 1862 Victor Antoine Héraud (1840-1904) tailleur de pierre. La famille Héraud est d’une longue lignée de tailleurs de pierre dont est issu Justin Michel Héraud, sculpteur ayant signé plusieurs tombes au cimetière Saint-Vivien de Saintes et de beaux éléments dans les églises de Saintonge (maîtres-autels, chaires, fonds baptismaux etc.) (ouvrage à venir par Gérard Godet, Cercle généalogique de Saintonge).

La stèle élevée en l’honneur de Catherine Baudin est très originale, tout en ne présentant pas de signature apparente. Orientée vers l’Est, signe de foi catholique, la stèle érigée, de forme rectangulaire et plate, est couronnée d’un fronton triangulaire à base interrompue, supporté par deux colonnettes qui encadrent l’épitaphe. Le fronton lui-même présente sur deux pourtours une double frise de denticules affrontés. Au centre, une rosace figurant une roue crantée, accueille un décor stylisé floral dans une pierre de couleur différente du reste du monument. Cette stèle très originale reste pour l’instant énigmatique en l’absence de signature visible. Des recherches complémentaires s’avèrent nécessaires pour le Groupe cimetières, avec l’aide de Gérard Godet.

Maud Gradaive

Religieux :

Né à Chaniers, Pierre Bonpain (1809-1873) entre au Grand Séminaire de La Rochelle où il est ordonné prêtre en 1831. Il sert dans divers postes du diocèse, d’abord Vicaire de Saint-Georges-d’Oléron, puis curé du Gué-d’Alleré, de Ciré, de Périgny, de Salignac et de Sainte-Lheurine. Il termine sa vie apostolique en tant que Vicaire de Saint-Vivien, arrondissement de La Rochelle en 1856. Il prend sa retraite et se retire à Saintes en 1864. Tout au long de ce parcours, il est accompagné par sa domestique Mélanie Ridoret (1798-1873), originaire d’Ars. Elle bénéficie d’une instruction très correcte pour son époque.

La Tragédie de Sainte-Eustelle est une pièce de théâtre de 54 pages en cinq actes et écrite en vers par un auteur anonyme. Editée en 1655 par Jean Girard, imprimeur ordinaire du roi et de la ville, la pièce relate la vie, la conversion et le martyre de Sainte-Eustelle, vierge saintongeaise du IIIème siècle, disciple de Saint-Eutrope, premier évêque de Saintes. Son culte a longtemps été honoré à Saintes, notamment dans la basilique Saint-Eutrope. Cette œuvre se perd, mais en 1859 une version transcrite, toujours en vers, est éditée, avec une préface signée M. R.. Il apparaît que l’auteur de cette version est Mélanie Ridoret, la domestique de Pierre Bonpain. La qualité de la versification est alors notée par de nombreux érudits locaux, dont Louis Audiat.

Le père Bonpain et Mélanie Ridoret sont décédés à trois jours d’intervalles, rue du Pont des Monards.

Une des particularités du cimetière Saint-Vivien est la présence quasi systématique des tombes de religieux (moines, curés, abbés, vicaires, etc.) aux croisements des carrés. Cette disposition est très symbolique, surtout dans l’agrandissement de 1860. Elle montre combien la foi est encore ancrée dans la société. Les stèles, souvent de petites tailles et sobres, s’organisent en arc de cercle aux quatre coins des carrefours et semblent veiller sur les défunts, et sans doute les orienter dans le chemin vers la résurrection.

Monique Caillaud

Sources :  AUDIAT L. – La tragédie de Sainte Eustelle, Bulletin de la société des archives de la saintonge et de l’aunis Janvier 1879, p.262-263 
https://archinoe.com/v2/ad17

Sources générales des notices :

Base mémoire des Hommes

Etat civil des Archives Départementales de Charente-Maritime

Fiches matricules des Archives Départementales de Charente-Maritime

Recensements des Archives Départementales de Charente-Maritime

Dictionnaire biographique des Charentais

RSA

Base Léonore

Base MemorialGenweb.org

Généanet

Filae       

L’indépendant de la Charente-Inférieure

Retronews

Visite exclusive de la Maison des Aqueducs

La Société d’archéologie et d’histoire de la Charente-Maritime invite ses adhérents à une visite guidée exclusive de la Maison des Aqueducs à Vénérand :

Le vendredi 20 mars 2026 à 14h30

Nous proposons une visite guidée de la Maison des Aqueducs de Vénérand le vendredi 20 mars 2026, en avant-première, avant son ouverture officielle prévue le samedi 4 avril 2026. L’objectif de cette visite est de tester ce nouvel équipement et de mettre en situation l’équipe de l’Office de Tourisme, qui sera chargée de la gestion du centre d’interprétation.

Afin de mener à bien cette visite test, nous recherchons 45 adhérents de la SahCM. À l’issue de la visite, un questionnaire sera transmis aux participants afin de recueillir leur ressenti sur l’expérience.
La visite guidée d’environ 1h30 est gratuite et strictement réservée aux adhérents de la SahCM. L’inscription est obligatoire via le formulaire de réservation disponible sur ce lien :

Adresse : Impasse des Lavandières, 17100 Vénérand. L’accès se fait par la route Saintes/Saint-Jean-d’Angély D150, prendre à droite direction le bourg de Vénérand, puis tourner à droite à 300 mètres. Garez-vous sur le parking enherbé aménagé dans le près en face. Descendez à pied la rue du Buis, puis à droite rue des Fontaines, jusqu’à l’accueil vitré de la Maison des Aqueducs située à moins de 100 mètres à pied.

Nous adressons nos remerciements à l’Agglomération Saintes Grandes Rives et à l’Office de Tourisme de Saintes et de la Saintonge pour ce partenariat.

Renseignements : info@sahcm.fr

Conférence : « le Wild West Show de Buffalo Bill » à Rochefort.

Proposée par l’ARCEF Pays Rochefortais :  » Un Patrimoine au Coeur ».

Buffalo Bill à Rocgefort ? c’est un événement étonnant, oublié depuis, qui a pourtant marqué les esprits des Rochefortais en 1905. Deux chercheurs reconnus, Elodie Darmont et kevin Porcher désireux de restaurer la mémoire de cet événement, ont mené une recherche approfondie sur le Wild West Show afin de mieux saisir ce que son passage représentait pour une ville comme Rochefort.

Voir plus sur le site :

https://www.arcef.fr/conference-wild-west-show-buffalo-bill-a-rochefort-1

Conférence :  » Le plafond de la mosquée de la maison Pierre Loti de Rochefort ». Technologie et conservation de sa polychromie.

« La maison « Pierre Loti » de Rochefort vient de rouvrir ses portes après une longue période de fermeture liée à la restauration de l’édifice. Les restaurateurs Aurélie Allavoine et David Pacaud nous expliquent les étapes de la restauration de l’emblématique plafond de la mosquée et les techniques employées pour lui rendre son éclat ».

Conférence: « Le chantier de restauration des fortifications de Brouage 2023-2025 : nouvelles données archéologiques ».

Conférence proposée par la Société d’archéologie et d’histoire de la Charente-Maritime.

Les premiers remparts de Brouage ont été élevés au milieu du XVIe siècle par des ingénieurs italiens. Sur une période de 2000 ans, ils vont être constamment transformés, modifiés afin de mieux protéger la place forte. Ces remparts vont aussi faire l’objet de réparations, de reconstructions et de restaurations à la suite d’évènements guerriers ou climatiques ou d’épisodes de ruines. L’état de ces remparts résulte à la fois d’un abandon et d’un manque d’entretien.

Ce site patrimonial est aujourd’hui géré par le Syndicat Mixte de Mise en Valeur du site de Brouage qui est le maître d’ouvrage de l’ensemble des travaux de restauration et de valorisation. Le projet actuel de restauration et de valorisation des fortifications de la place-forte répond à la fois à un état sanitaire dégradé et à une volonté de continuer à recevoir le public. Il s’accompagne d’un volet archéologique qui est décliné sous forme de tranchées classiques de diagnostic, de fouilles sédimentaires et d’archéologie du bâti; l’abondante documentation relative à la ville de Brouage a été synthétisée tout en actualisant et complétant certaines données.

Les premières investigations ont été réalisées en 2023 au travers de tranchées de diagnostic à la pelle mécanique réparties à l’intérieur du corps de la place et sur le terre-plein du rempart. Ces travaux à l’intérieur du bastion d’Hiers ont permis de mettre au jour les niveaux correspondant à la période d’érection du bastion vers 1630 par Pierre d’Argencourt. En 2025, la courtine et le bastion de la mer ont fait l’objet ont fait l’objet de la seconde opération d’archéologie préventive, qui est toujours en cours actuellement. Les résultats des premiers sondages font état d’une antériorité du logis du Gouverneur de Brouage par rapport au rempart construit au XVIIe siècle. Les deux opérations archéologiques ont donc permis de mettre en évidence plusieurs phases de construction et de reconstruction; ces premiers résultats demanderont à être complétés par d’autres investigations sur les autres bastions et courtines de Brouage.

Rendez-vous vendredi 20 février 2026 à 18h30- Auditorium de la salle Saintonge, rue Chapsal à Saintes.

Entrée et participation libre.

LA CONFERENCE EST ANNULEE EN RAISON DES CONDITIONS CLIMATIQUES. ELLE SERA REPORTEE A UNE DATE ULTERIEURE. MERCI POUR VOTRE COMPREHENSION

Appel de cotisation 2026

Chers adhérents

Nous sommes heureux de vous compter parmi les membres de notre association et vous remercions pour votre fidélité. Vous pouvez dès à présent nous faire parvenir le règlement de votre cotisation pour l’année 2026.

Votre adhésion à la SahCM constitue un soutien au travail de nos bénévoles, chercheurs, archéologues et historiens, ainsi qu’à nos actions de médiation, de valorisation et de sauvegarde du patrimoine. Elle contribue au financement du fonctionnement de l’association et de sa bibliothèque, de nos activités, ainsi que de l’édition de notre bulletin annuel.

Le montant de la cotisation 2026 reste inchangé à 30 € (hors atelier de sculpture). La cotisation couple est fixée à 50 € et donne droit à un seul bulletin. Le règlement peut être transmis par chèque à l’ordre de la SahCM, accompagné du coupon disponible sur ce lien. Nous acceptons également les paiements en espèces ou par carte bancaire au siège de l’association, ainsi que les règlements en ligne via HelloAsso.

Le bulletin annuel vous sera remis lors de l’Assemblée Générale du 11 avril prochain ou pourra être retiré au siège de l’association après cette date. Il sera expédié par voie postale (envoi groupé aux frais de la SahCM) d’ici fin avril pour ceux qui n’auront pas pu venir le récupérer.

Enfin, pour aller plus loin dans votre soutien, vous avez la possibilité d’effectuer un don du montant de votre choix. Celui-ci ouvre droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66 % du montant versé. Votre soutien est précieux : il nous permet de poursuivre et de développer les nombreux projets portés par l’association.

Confiant dans la continuité de votre engagement à nos côtés, je vous prie d’agréer, chers adhérents, l’expression de mes sincères salutations.

Romain CHARRIER

Votre président

Conférence: « Le Grand Voyage » de Louis Benjamin Fleuriau de Bellevue en Italie et en Suisse ( 1788-1793).

« A 27 ans Louis Benjamin Fleuriau de Bellevue, savant naturaliste Rochelais , entreprend son « grand Voyage » sur les traces de son maître Horace Bénédicte de Saussure. Pendant cinq ans , il va découvrir, observer, décrire les villes, les paysages, les sites archéologiques, historiques et naturels de l’Italie, la Sicile, les Alpes Italiennes, Suisses et Françaises. Grâce à ses carnets de voyage , nous avons pu reconstituer les grandes étapes de son périple ainsi qu’une grande partie de ses découvertes ».