Archives octobre 2026

Conférence: « Enquête sur les origines de la domination masculine ».

Depuis quelques années, les femmes préhistoriques suscitent un intérêt inédit de la part du grand public et des médias. Cet intérêt résonne avec les débats contemporains sur la place des femmes, sur le chemin parcouru et celui qui reste à accomplir pour atteindre l’égalité des sexes. Pour la préhistoire, l’enjeu est d’identifier quand et comment le patriarcat a émergé, de repérer d’éventuels points de bascule et, ce faisant , de connaître notre passé pour mieux agir sur le présent. Préoccupation politique et progrès de la connaissance se rejoignent ainsi et s’enrichissent mutuellement.

Dès lors, une question s’impose avec acuité : la domination masculine existait- elle à la préhistoire ? Si oui, depuis quand et sous quelles formes ? Longtemps, les réponses apportées ont reposé sur des représentations largement influencées par les sociétés contemporaines, faisant tour à tour des femmes préhistoriques des êtres dominés et passifs, des figures d’un supposé matriarcat originel ou encore des Working women. Aujourd’hui, le renouvellement des méthodes de l’archéologie permet, à partir des données disponibles, de tenter de restituer la place des femmes et, plus largement , les relations entre les sexes dans les sociétés préhistoriques.

ADN ancien, analyses isotopiques, anthropologie biologique, étude des sépultures, des traumatismes ou encore des marqueurs d’activité offrent désormais la possibilité de documenter différents aspects de la vie des individus préhistoriques : unions et systèmes de résidence, maternité, santé, alimentation, activités et division du travail, affichage du statut et du pouvoir, apprentissage du genre ou phénomènes de violence. Les résultats demeurent certes inégaux selon les périodes, les régions et les effectifs disponibles, mais ils permettent désormais d’esquisser une histoire des relations entre les sexes sur la longue durée.

En s’appuyant sur l’ensemble des ressources archéologiques accessibles pour une vaste zone- de l’océan Atlantique à l’Oural et du bassin arctique jusqu’à la Méditerranée-, on tentera de mettre en lumière les dynamiques fondamentales des relations entre les sexes, du Paléolithique moyen au Néolithique, et de dresser un état des connaissances sur la condition des femmes préhistoriques, dans une démarche résolument ancrée dans une réflexion sur le genre.

Anne Augereau est archéologue à l’Inrap. Néolithicienne, elle a dirigé de nombreux chantiers de fouille . Elle a notamment publié « Femmes Néolithiques ». Le genre dans les premières sociétés agricoles (CNRS Editions, 2021) et dirigé, avec Christophe Darmangeat. Aux origines du genre. Enjeux, méthodes et controverses ( PUF, 2022; rééd.augmentée 2026). Photo Claire Delfino

The Sleeping- Lady-2009

Présentation de l’ouvrage d’hommage à Jean Flouret.

Jean Flouret , Président de l’Académie des Belles-Lettres , a été un grand chercheur, érudit et passionné par l’histoire locale. En témoignent les nombreux livres et articles qu’il a publiés, notamment dans les revues des sociétés savantes qu’il animait. Ses amis ont souhaité , à travers une publication scientifique pérenne, lui rendre un hommage public. Vingt-deux chercheurs, universitaires et érudits , ont contribué à l’élaboration d’un volume d’hommage qui lui est consacré et qui sera présenté le 21 octobre prochain au Muséum d’histoire naturelle. La présentation sera suivie d’un débat sur le thème suivant : L’érudition a-t-elle encore un avenir ? avec la participation du professeur Didier Poton de Xaintrailles et de Marie-Anne Chabin, éditrice notamment des cahiers de doléances des Gilets Jaunes du département.